De sa Thébaide, III, v
4. Mais le poète veut le faire passer pour un étranger, et par suite ne l'appelle jamais duc de Spolète,
embrouillé, invoque le ciel contre l'ennemi (v. 107 sq.). Son armée se concentre. Elle livre contre Wido la première bataille (octobre 888), et le poète nous en fait la description à partir du vers 163 ; mais, Bérenger remporte la victoire et Wido est obligé de le prier de vouloir bien lui permettre d'ensevelir les morts.
Le livre deuxième (279 v.) nous offre le tableau de la seconde bataille décisive des deux adversaires, au commencement de l'année 889 : mais ce que l'auteur n'avoue pas, à la fin de son récit, c'est la défaite de son héros ; d'après lui, ce n'est que la nuit qui mit fin au combat. Le poète débute par une invocation à Dieu, et non aux Muses : il lui demande sa protection ; il compte ensuite les bataillons et leurs chefs, dans les deux armées (v. 13-103). C'est sans contredit la plus précieuse partie du livre, tandis que le tableau de la bataille elle-même, qui consiste principalement dans des combats singuliers, peut d'autant moins nous offrir une image fidèle et historique, que c'est en bonne partie une mosaïque composée de vers de Stace et de Virgile (1). Le tableau, toutefois, ne manque ni de vie, ni de mouvement.
Dès le début du livre troisième (299 v.), le poète traite du secours que Bérenger reçoit de la part de son parent, Arnolphe, empereur d'Allemagne ; mais il ignore complètement la période qui s'étend du commencement de l'année 889 à l'été de 893, période pendant laquelle Wido conquit la couronne d'Italie et même la couronne impériale. D'après le récit de notre auteur, la guerre^ marquée par la bataille racontée au livre deuxième, dure encore, comme si rien n'était arrivé ; Arnolphe, de sa propre impulsion et non à la prière de Béren-
1. Voici un certain nombre de ces passages : Tanêg., 118-124 : Thébaide, VII, V. 137-144; Panég., v. 127 : Théb., VIII, v. 373; Pan., v. 129- 132 : Théb., \III, 375-378; Pan., v. 133-138 : Théb., VIII. v. 385-391; Pan., V. 139-141 : Théb., VIII, v. 395-397; Pan.,v. 142-143 : Théb.,Yni V. 402-403; Pan., v. 144-145 : Théb., VIII, v. 406-407; Pan., y. 146, deuxième moitié, et 147 : Théb., VIII, v. 407-408. Ces innombrables emprunts faits à la Thébaîde se montrent encore dans plusieurs vers isolés jusqu'à la fin du livre, quoique dans une mesure plus sobre; on y trouve aussi des vers de VÉnéide, mais en moins grand nombre (p. ex., v. 240- 244); il y a du reste ici plus de modifications.
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ger, ainsi que le demanderait la vérité historique, envoie tout d'abord son fils Zwentibald (ici Sinbaldus) au secours de son parent. Mais AVido, que le poète appelle toujours dux Gallicus, évite le combat et se renferme dans ses forteresses. Ce n'est que lorsque Zwentibald est reparti, sans avoir rien fait, que Wido sort de ses retranchements (v. 47). Alors, Arnolphe lui-même se met en route pour châtier cet audacieux (894). La prise de Bergame, et le supplice de son gouverneur Ambroise, destiné à servir de leçon pour l'avenir, sont décrits avec de vives couleurs et avec une grande fidélité historique (v. 80 sq.). Mais, aussitôt après la prise de cette ville, et contrairement à la vérité historique, le poète fait marcher Bérenger et Arnolphe vers Rome pour poursuivre Wido ; or, ce n'est qu'après la mort de Wido (décembre 894), et en 896, qu'Arnolphe entreprit ce voyage de Rome : il y reçut la couronne impériale, et ce fait important est passé sous silence. D'après notre auteur, au contraire, c'est Bérenger qui conseille à Arnolphe de rentrer chez lui, après quoi Wido renouvelle son attaque (v. 153 sq.). Alors, le clergé lui-même demande à Dieu de faire mourir promptement le criminel. Sa prière est exaucée, et Wido, sur son lit de mort, conseille à son fils Lambert de s'entendre avec Bérenger (v. 187). Ils en viennent en effet à un accommodement et ils se partagent l'empire de l'Italie [supérieure. Mais, d'après notre poète et contrairement à l'histoire, c'est Bérenger qui pardonne généreusement et qui est le plus fort. Vient ensuite le récit de la mort de Lambert, à la suite d'un accident de chasse (v. 249 sq.) ; après quoi, Bérenger est reconnu comme seul maître de l'Italie (898). Le poète termine le livre par une éloge du printemps, en Italie. Le quatrième et dernier livre (208 v.) traite de la résistance que Bérenger est obligé d'opposer à un nouvel adversaire, Louis de Bourgogne, fils de Boson. Ici encore^ le poète ignore les faits les plus importants. Os faits^ il est vrai, sont déshonorants pour son héros : témoin, l'expédition de Louis en Italie, en 900, laquelle eut tant de succès qu'il fut couronné roi l'année suivante. Il commence, en effet, par raconter la deuxième expédition que Louis entreprit, en 905, aux instances de Berthe, margrave de Tuscie, et qui eut une issue
malheureuse. Louis occupe Vérone, pendant que Bérenger est retenu chez lui par la fièvre, et que, par conséquent, comme un lion dans sa cage, il doit maîtriser son ardeur. Quand il est rétabli, les siens se réunissent autour de lui et marchent contre Vérone en exigeant de lui qu'il se montre sans pitié pour l'ennemi. Mais Bérenger repousse cette proposition, vu que Louis est son parent (v. 47 sq.). Néanmoins, l'empereur est surpris dans Vérone et on lui crève les yeux (v. 62 sq.). Mais le panégyriste, par un récit que les faits assurément ne justifient point (1), a détourné de son héros la honte d'une action qui, pour être cruelle, ne laissait pas d'être assez fréquente à cette époque. La deuxième partie du livre traite du couronnement de Bérenger, qui eut lieu dix ans plus tard (v. 89 sq.), et ici encore, la période intermédiaire est passée sous silence. Ce récit,, rendu intéressant par nombre de détails, fait l'impression du rapport d'un témoin oculaire. Le poète termine son ouvrage en invitant la jeunesse, pour laquelle Clio est plus clémente, à chanter la gloire de Bérenger après son couronnement comme empereur.
Ce poème est, comme celui d'Abbon, pourvu de gloses nombreuses, dont la plupart émanent sùremeut de l'auteur. Telles sont celles qui sont absolument nécessaires pour Tintelligence du texte : elles servent à l'auteur pour l'aider à se retrouver dans les passages où le mètre l'a forcé de s'exprimer d'une manière obscure. 11 emploie fréquemment, tout comme Abbon, le pronon ille au lieu d'un nom propre, bien que ce dernier ne puisse être déterminé avec précision d'après le contexte. C'est ainsi encore qu'il omet des mots entiers, comme quam après un comparatif (I, v. 261), la préposition in (III, v. 51 et 58), voire un verbe tel (^mq petit {\, v. 255), sauf à les suppléer dans la glose. C'est ainsi encore qu'il emploie, pour la mesure du vers, liice carentes au lieu de mortui ([, v. 247), qu'on trouve dans la glose, mais qui, dans le passage cité^ reste complètement incompréhensible. Plusieurs gloses d'une autre espèce peuvent bien encore appartenir à l'auteur (2) : il employait peut-