Op.'c, p
3. Cf. F. Wolf. Veher die Lais, Sequenzen und Leiche. Heidelberg, 1841. — Bartsch, I)ie latein. Sequenzen des Mittelalters in musikal. und rhythmischer Beziehung. Rostock, 1868.
4. II y a pourtant des exceptions, et l'on trouve quelquefois une ligne différente enclavée entre les cersiculi qui correspondent ensemble.
[147-147] NOTKER. — SEQUENCES 4.^7
tonique (1). L'introduclion pouvaut aussi se composer, comme nous l'avons remarqué, de deux phrases musicales, on trouve également des séquences qui commencent par deux lignes différentes ou par deux lignes d'un nombre égal de syllabes. Les lignes sont du reste des lignes en prose ; leur chant, comme celui des psaumes, était un chant prosaïque {ca?itus prosairus), et c'est la raison pour laquelle les séquences reçurent le nom de Proses. On n'y trouve pas de changement détenniné entre Farsis et la tkésis^ dans l'intérieur des lignes : il ne saurait donc y être question, en règle générale, de mesure rythmique du vers. Cela ne veut pas dire que les deux lignes formant les versicidi correspondants ne correspondent pas çà et là à l'intérieur et quelquefois même partout, quant à l'accent du mot, et ne soient par suite une prose rythmique, tandis que leur rythme musical est, cela va sans dire, partout le même. Telle est la forme de la séquence ancienne, et en particulier des séquences de Notker. Dans celles de ces dernières qui sont authentiques, on ne trouve point de rime ; mais elle est dans les séquences qui furent déjà de bonne heure, attribuées à Notker : la même rime se répète dans toute la séquence et, généralement, elle est en a et relie ainsi la séquence avec Y Alléluia qui la précède.
Quant au contenu de ces séquences, il va de soi qu'il est déterminé par la fête du saint à qui elles sont consacrées. Nous avons en effet des séquences (2) de Notker, non seulement pour les fêtes en l'honneur du Christ (3) et de la Vierge Marie, mais encore pour les fêtes des Saints : saint Etienne , les saints Innocents, saint Jean l'évangéliste, saint Jean-Baptiste^ saint Pierre et saint Paul, saint Laurent, saint Gall, saint Maurice, saint Othmar. Il en a composé aussi pour la dédicace des églises. La valeur poétique en est très diverse : plusieurs d'entre elles ne se distinguent que par les expressions pieuses, dont la simplicité est en parfaite harmonie avec la
i. C'est ce qui a toujours lieu au point de vue musical.
2. Publiées notamment par Schubiger {Op. c.) avec la composition musicale.
3. Pendant la semaine sainte, il est évident qu'on n'exécutait pas de ces chants d'allégresse..
mélodie suave et d'allure simple : dans d'autres, au contraire, il y a plus d'élan et un style plus imagé ; telle est, par exemple, la séquence de l'Ascension (1 ) ; ou encore, on y trouve un épanchement qui saisit l'âme, comme dans la séquence de saint Gall, où Notker parle de la Souabe, la douce patrie du saint (2).
Longtemps après la composition de ses séquences, Notker les réunit en un volume et les dédia, en 885 (3), à Liutward évèque de Yerceil, archi-chancelier de l'empereur Charles III : il les accompagna de la lettre à laquelle nous devons les intéressantes communications relatives à leur première composition (4).
Mais la muse de Notker s'est essayée dans d'autres genres encore, même dans des vers métriques. C'est ainsi que, dans sa lettre à Liutward, il parle d'un « metrum » sur la vie de saint Gall, qu'il a sur le métier : malheureusement on n'a pas retrouvé jusqu'ici ce poème ; il était sans nul doute composé en vers hexamètres (5). C'est ainsi encore que nous possédons de lui quatre hymnes en l'honneur de saint Etienne, patron de l'église de Metz : il les composa à la prière de l'évèque de cette ville, nommé Ruotpert, qui était son compatriote et descendait d'une noble famille alemane (6). Trois d'entre elles sont en strophes saphiques; l'autre, la deuxième, dans une
sorte de mètre g-lyconien ( uu — u — u — u):la
première traite de la mort et du martyre de saint Etienne; la
1. Summi triumphum régis prosequamur laude, dans Schubiger, n'* 20; Daniel, Thés, hymnol. II, p. 15 sq. Les expressions u saltus Christi » sont empruntées à une homéUe de St. Grégoire [In Evangel. 29). La forme ellemême en est variée : la ligne 1, introduction, les lignes 2 et 3 sont des vers doubles, 4 et 3 (chaque ligne pour soi), 6 et 7 doubles vers (mais la ligne 6 est précédée de quelques notes ou syllabes), 8. 9. (chaque ligne pour soi), 10 et 11 vers doubles; 12. 13, (chaque ligne pour soi), 14 et 15 vers doubles; 16 et 17 vers doubles; 18 (final).
2. « 0 dilecte domino, Galle, perenni. » Daniel, II, p. 25. Ligne 11 : « Sueviamque suavem patriam tibi, Galle, donavit (Christus), i