Casus S. G., c. xxxiii
nature transfigurée par le souffle de la poésie fl). C'est grâce à elle qu il fut canonisé en 1513 — c'est-à-dire fort longtemps après sa mort, qui arriva en 912.
Notker avait donné l'exemple avec ses séquences; il trouva des imitateurs dans ses amis et dans ses frères en religion, notamment dans Tuotilo et AYaldram, bien que le premier ne l'ait été que d'une manière indirecte. Tuotilo (2), en eff'et, véritable génie artistique, se distingua comme peintre, statuaire, et joueur du psaltérion et de la rota. Élève, lui aussi, de Marcellus, il n'a pas écrit, il est vrai, de séquences^ ou du moins nous l'ignorons; mais il a composé les tropes^ qui sont de la même famille, et il en a même donné, à ce qu'il parait, le premier exemple en Germanie, sinon ailleurs. Les tropes servaient, comme les séquences, à élargir les chants de la messe, notamment celui de Ylnti^oït et du Kyrie; ils prennent même, dans ce dernier cas, la place des séquences (3); c'étaient, comme elles, des proses, et ils provenaient également de la psalmodie; enfin l'on n'y trouve d'accord rythmique que dans la fin des pauses, comme dans les séquences. Au reste leur composition musicale et rythmique était plus libre.
Quant àAYaldram (4), nous avons de lui une séquence authentique pour la consécration d'une église ; comme elle était d'un usage fréquent, elle s'est conservée dans beaucoup de missels, tandis que tous les autres chants religieux de ce compositeur-poète, célèbre encore au xi^ siècle par ses mélodies (5), sont perdus. Nous possédons encore de lui, par contre, quelques poèmes profanes, en partie des poèmes de circonstance qui nous montrent son talent pour la forme et
1. Un vieux portrait en miniature, au bas duquel se trouve son nom, publié dans l'appendice de sa Vie, par Meyer, répond bien à la description caractéristique que nous fait Ekkehart.
2. V. Schubiger, Op. c, p. 59 sq. — Ekkehart IV, Casus, éd. Meyer, c. 22 et 34, 45 et surtout 46, avec les remarques de l'éditeur. — Diimmler, N, A., p. 548.