‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 145 sur 382 · Cela nous rappelle la mort d'Ajax · texte numérisé non relu

Cela nous rappelle la mort d'Ajax

« Hectora qui solus, qui ferrum ignesque Jovemque Sustinuit, totiens, unam non sustinet iram. » Ovide, Afet., XIII, v. 384 sq.

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montante comme une tour, le manteau flottant (v. 178 sq.). Elle menace, du haut de son coursier qui vomit la flamme par les naseaux, la pauvre et peu nombreuse armée qu'elle a en face d’elle et que conduit l’Humilité (Mens humilis), à laquelle l'Espérance s’est jointe comme compagne. Sous leur bannière, viennent se ranger la Justice, toujours nécessiteuse, la pauvre Honnèteté (Honestas), la sévère Frugalité, le Jeûne (Jezunia) au visage blème, la Pudeur au teint légèrement coloré ainsi que la franche Simplicité. La Superbe se moque de l'Humilité, ce parvenu dénudé (1) qui veut détrôner les anciens rois ; elle se vante, par contre, de dominer l’homme depuis sa naissance et d’avoir grandi avec le genre humain. Elle veut écraser sous le sabot de son coursier cette armée misérable. Mais, en voulant diriger contre elle son coursier, elle tombe dans un fossé creusé par la Fraude (Fraus). L'Humilité hésite à profiter de sa victoire; mais voilà que l’Espérance lui présente le glaive avec lequel elle tranche la tête à son ennemie. Après un discours triomphal, l’Espérance s'envole vers le ciel avec ses ailes d’or.

Sur ces entrefaites, apparaît un nouvel ennemi (v. 310 sq.) : c'est la Luxure (Luxuria). Elle vient des extrémités de l’Occident, cette danseuse ivre à la chevelure parfumée, au regard provocateur et à la voix efféminée ; elle est montée sur un char magnifique, attelé de quatre chevaux (2). Ce ne sont point des flèches qu'elle lance; elle n’a point de pique : des violettes et des feuilles de roses, voilà sa mitraille; leur odeur, doucement corruptrice, énerve la force et le courage. L'armée conduite par les vertus parle déjà de rendre les armes ; soudain la Sobriété (Sobrietas) plante dans le sol l’étendard de la croix, gourmande les armées chrétiennes, noble rejeton de Judas, et leur rappelle leurs aïeux en les leur donnant pour modèles. Elle élève ensuite la croix vers le char; les coursiers se cabrent et s’enfuient. La Luxure tombe, son char lui passe sur le corps et la Sobriété (Sobrietas) l’achève avec une pierre. Son armée

4. V. 210 « advena nudus : » Cette vertu est donc directement idenüfiée avec le christianisme.

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