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L'épithalame que Paulin composa, vers la même époque, à l'occasion du mariage d’un fils de l’évêque de Capoue qui était clerc lui-même (lecteur), n’estpas moins intéressant, au point de vue de la civilisation. Cet Epithalamium Juliani et Jae forme un pendant chrétien remarquable aux épithalames païens, tels qu’ils étaient alors à la mode. Ces derniers exci- (aient le plus souvent les jouissances des sens, et étaient écrits dans une forme chargée et luxuriante ; celui de saint Paulin, au contraire, écrit dans un style simple et digne, respire la chasteté et invite même, s'il est possible, à vaincre la chair (1) en s'appuyant sur l'union du Christ avec l'Église ; la solennité du mariage elle-même, doit montrer une joie sérieuse au lieu de devenir un plaisir sauvage. Les épithalames païens célèbrent la parure et la magnificence des vêtements et des bijoux de la fiancée ; celui-ci exhorte à mépriser ces futilités ; la fiancée doit plutôt orner son âme de vertus (2). Ce poème, écrit en distiques et comprenant deux cent quarante vers, se termine par quatre pentamètres. — Nous avons également de saint Paulin un autre poème d'occasion, qui ne compte pas moins de six cent trente vers. Il y console des parents, ses alliés à lui, de la mort d’un de leurs fils, Celsus, en s'appuyant sur la résurrection que le Christ nous a promise. Ce poème diffus a pourtant, vers la fin, un élan tout lyrique, quand le poète parle de la mort de son jeune fils qui portait le même nom (v. 599. sq.) — Une épitre de saint Paulin à Cythérius, comprenant neuf cent quarante-deux iambes, dans laquelle le trimètre et le dimètre alternent, nous offre, par contre, un intérêt plus général. Le poète y fait le récit du voyage plein d'aventures qu'un certain Martianus, que lui avait recommandé le destinataire de la lettre, avait fait de la Gaule à Nole ; il peint surtout son naufrage et il ajoute à son tableau (v. 495 sq.) des conseils relatifs à l'éducation spiri-
4, Ut sit ambobus concordia virginitatis Aut sint ambo sacris semina virginibus etc. V, 232 sq. 2. Ornetur castis animam virtutibus, ut sit Non damnosa suo, sed pretiosa viro.
Namque ubi corporeo curatur gloria pompae, Vilescit pretio depretiatus homo. V. 53 sq.
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tuelle du jeune fils de Cythérius, qu’on a déjà consacré à Dieu (1).
Nous avons encore de saint Paulin deux poèmes polémicoapologétiques. L’un, qui ne mérite cette appellation qu’au sens le plus large, a été d’abord découvert par Muratori (2); il comprend deux cent cinquante-quatre hexamètres et a été intitulé avec raison par un éditeur postérieur (Œhler) : Adversus paganos. Dans cet opuscule, sans valeur au point de vue poétique, mais qui nous fournit des documents nouveaux sur la mythologie ancienne (3), l’auteur veut, en quelque sorte, justifierson christianisme ; il se moque de la religion populaire païenne,
1. Faisons remarquer ici qu’un certain nombre d'inscriptions (tituli), en distiques pour la plupart, destinées à des édifices ou à des peintures, inseriptions que saint Paulin composa pour ses églises de Nole et de Fundi ainsi que pour le baptistère de Sévère, nous ont été conservées dans une de ses lettres à ce dernier (Ep. 32). Elles sont sans importance littéraire ou historique. — Mais parmi les deux poèmes qu’Angelo Maï a trouvés dans un codex du Vatican qui ne contient que les poèmes de saint Paulin et qu'il a
» publiés dans le Classic. auctorum e Vatican. cold. editor, tome V (Rome, 1833), le deuxième, au jugement de Buse lui-même, n'appartient cerlainement pas à saint Paulin, mais plutôt à Paul Diâcre. Le premier poème luimême devient déjà suspect par le voisinage du second, quoiqu’on ne puisse nier qu'il ait des liens intimes de parenté dans le style avec les poèmes de saint Paulin.
2. Ce poème, sans titre, vient immédiatement après les Natalitia de Paulin dans le Codex Ambroisien qui contient toutes les œuvres de notre poète. Mais après le poème, on lit: « Incipit opus Paulini Petrecordie de Vita S. Martini episcopi versibus. » Le scribe semble donc attribuer notre poème à saint Paulin de Nole. On pourrait objecter contre la paternité de Paulin, entre autres motifs, la composition défectueuse de la première partie, laquelle manque absolument d'ordre logique, le peu de culture philosophique que montre l'auteur, etc; il faudrait alors admettre que le poème nous est parvenu dans un texte incomplet et décousu. Mais, d'autre part, la paternité
.de Paulin est tellement. corroborée par d’autres raisons qu’elle semble cer-
! taine. J'attribue moins de valeur au passage de saint Augustin (Ep. 34, ad Paul'num) : « Adversus paganos te scribere didici ex fratibus, » qu’à l'harmonie frappante qui existe entre ce poème et les autres de Paulin, surtout dans quelques points essentiels, comme : 1° avec le XI Natal. dans l'emploi qu'il fait de Firmieus (v. les notes de Muratori) ; 2° avec le panégyrique
| de saint Jean-Baptiste, d’abord dès le début des deux poèmes qui contient | également l'exemple de David, et ensuite, surtout dans l'affinnation que la | contrition seule süffit pour obtenir le pardon de ses fautes et que la douleur du péché est déjà suffisamment une punition, v. 219 sq. et De Johan Bapt., v. 288 sq.