V. Bursian, Op. r
de son immoralité et de ses absurdités, ainsi que le font Arnobe et Firmicus Maternus — il a même mis ce dernier à profit, — et il rejette de plus le judaïsme lui-même qui, dans son ingratitude, renia Dicu, ainsi que la philosophie qui n'a conduit à aucun résultat. La critique qu'il fait de cette dernière nous surprend par son côté mesquin. L'auteur nous rend témoignage de sa foi chrétienne et de la jouissance qu'il éprouve maintenant à être éclairé de sa luntière. Ce n’est point la foi de ceux qui n'ont de chrétien que le nom, le monothéisme tout seul, dont se vantentaussiles païens lettrés (1):il adore également le « Verbe, » le Rédempteur qui seul pardonne les péchés et qui, plus miséricordieux que juste, n’exige que la contrition pour les remettre. — Ce poème, ainsi que le montre déjà sa tendance, doit être rangé parmi les plus anciens de la poésie chrétienne de saint Paulin(2). L'autre, AdJovtum, comprenant cent soixante-six hexamètres, est une épître qui se rattache à un écrit de Paulin en prose et qui ne fait qu'en reproduire les idées elles-mêmes. Ce dernier écrit (Ep. 16) dut son existence à une circonstance particulière. Un navire qui portait de l'argent de Paulin et de Jovius, son parent, battu par la tempête et privé de sa vigie, avait été heureusement jeté à une côte où tous les deux avaient des relations, en sorte que le trésor fut sauvé. Jovius, homme d'une culture et d’un esprit correctement classiques et qui, comme tel, sacrifiait à la philosophie et aux muses, ne vit dans cet événement, tout chrétien qu'il était et porté même à la tolérance envers des ascètes comme Paulin, qu'un coup heureux du hasard, tandis que Paulin le regardait comme une disposition de Dieu. C'est pour l’en convaincre qu’il lui écrit ; 1l l'exhorte, par cette
occasion, à devenir un philosophe et un chantre de Dieu (3).
C'est surtout cette dernière provocation qui lui inspira son
1. Nec se paganus laudet, si qui idola vitat, Ac satis esse putat, quod numine credat in uno. Quid colet ille Deum, qui verbum non colit ejus ? V. 203 sq.
2. La date exacte est de peu d'importance ; si le v. 222 était authentique (car ici je le regarde comme interpolé), le poème serait certainement antérieur au panégyrique de saint Jean-Baptiste. La lettre de saint Augustin doit ètre placée vers la fin de 395.