‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 185 sur 382 · ROSE · texte numérisé non relu

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la Cité de Dieu (v. p. 241-2). En essayant donc de remplir ce vœu de saint Augustin, Orose fit, dans son ouvrage Historiarun libri VII contra paganos, le premier essai d’unehistoire universelle chrétienne, et, en même temps, le premier essai d’une histoire universelle au sens le plus large du mot, c’est-à-dire d'une histoire de l'humanité en général, quoique ce ne füt qu'un abrégé, écrit avec une tendance très exclusive. La Chronique de Sulpice Sévère n'était nullement un essai de ce genre, ainsi que l’admit Ampère, qui juge ce livre d’une manière absolument fausse. Sévère reste plutôt complètement, quelque étonnant que cela paraisse, sur l’étroit terrain de la nationalité, qui est généralement celui de l’histoire antique: Il donne l'histoire des chrétiens, dont les Juifs, à ses yeux, sont les ancêtres, comme l'histoire d'une nation : car le culte des mêmes dieux était, chez les Romains eux-mêmes, un signe de l’unité nationale, de l'unité de l’État. Quant au genre historique de l'antiquité, il reste complètement fidèle à la tendance nationale, là même où il sort du domaine de l’histoire de la nation dont il fait le récit. Celui de tous les ouvrages qui offre le plus le caractère d'une histoire universelle est celui d'Hérodote; celui de Trogue-Pompée, le seul qui soit, avec celui d'Orose, à comparer ici dans la littérature romaine, ne contient, dans les développements qu'il reçut, que l’époque antérieure à l’Empire romain, c’est-à-dire à l’Empire par excellence pour le Romain. C’est une simple histoire de conquêtes qui débute avec le premier vrai conquérant (1), avec Ninus, conquêtes qui plus tard passent presque toutes aux Romains.

Ce qui donne à l'ouvrage d'Orose le caractère nouveau d'une histoire universelle chrétienne, c'est l’idée qui domine tout le récit et d’après laquelle tout ce qui arrive dans l’histoire de l'humanité tout entière est ordonné et conduit par le Dieu unique, créateur des hommes en qui prennent leur source toute puissance /polestas) et tout empire (regna). Cette pensée seule qu'avait développée saint Augustin et que le plus

grandinum saeva, vel etiam parricidiis flagitiisque misera, per transacta retro saeula reperissem, ordinato breviter voluminis textu explicarem. »

1. D’après la pensée de Trogue, Ninus incorpora aussi le premier à son rovaume tout ce qu'il avait conquis. V. Justin, 1, I, c. 1.

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