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la difficulté de la nouvelle entreprise est, remarque-t-il, d'autant plus grande, que la vie érémitique cest au-dessus de Ja vie claustrale, et la contemplation de Dieu au-dessus de la vie active des communautés de moines. L'ouvrage précédent, continue-t-il, traite du culte extérieur ct visible des moines; celui-ci, de la tenue (habitus) invisible de l'homme intérieur; des prières canoniques, il va passer aux prières éternelles, afin que celui qui aura appris, en lisant le premier ouvrage, à châtier les vices de la chair, apprenne maintenant, selon les instructions des Pères, par la contemplation d'une pureté déjà divine, ce qu'il faut faire au sommet de la perfection. Ces Collations, destinées à la lecture spéciale des moines et des ermites, ont donc pour but de montrer le chemin qui conduit à l'idéal de la vie ascétique. Là, sont discutées par les Saints du désert les questions les plus importantes de cette vie idéale ; ils font aussi bien appel à leur esprit spéculatif qu’à leur expérience de la vie, en sorte que l’auteur nous met devant les yeux, avec des déductions philosophiques, les doctrines morales de la vie pratique qu'il illumine souvent d'exemples frappants, encadrés dans des récits légendaires. C'est là, pour ainsi dire, une haute école de la vie monastique. La Collation I, par exemple, traite, dès le début, De monarchi intentione ac fine; la Coll. XIX, De fine caenobitae et eremitae ; les deux étais y sont comparés l'un avec l’autre. Dans la Col!. IT, De tribus abrenuntiationibus, il est parlé du renoncement aux biens terrestres, aux passions, au monde présent, renoncement qui fait la base de la vie monastique. La XIe Co/!. a pour titre : De perfectione; la XV°, De charismatibus divinis (où l'on trouve maints récits miraculeux); la XIVe, De spiritali scientia. Dans cette dernière, l'auteur parle spécialement de Ja science élevée de la Bible et il admet (c. 8) une quadruple explication : historique, tropologique, allégorique, anagogique. Le sujet de la Co//. IX est la prière; l’auteur en examine l'essence el les genres divers, etc. La Co/!. V traite à nouveau des huit vices principaux ; elle montre la relation intime de l’autre (1).
4. Citons ici encore, comme très intéressante pour l’histoire extérieure de a vie monastique, la Coll. XVIII : « De tribus antiquis generibus monachorum et quarto nuper exorto. » Ce sont : les Cénobites (les moines par excel-
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Dans cet ouvrage, l’auteur se meut donc dans une sphère plus élevée que dans l'ouvrage précédent ; l'esprit spéculatif dont il estrempli montre comment les ermites célèbres d'Égypte sont restés fidèles aux études chrétiennes-philos ophiques toujours en honneur à Alexandrie.
Dans cet ouvrage, surtout dans la Co//. XIII, De protectione Det (ce qui veut dire ici gratia Det), Cassien combat l'opinion de saint Augustin sur le péché originel et sur la prédestination. Îl devint par là un des premiers représentants du semipélagianisme, qui trouva particulièrement en Gaule tant d'écho.
. Ce qui nous intéresse ici surtout, c'est que, par le caractère spéculatif de plusieurs de ses Collations, Cassien montra aux cloîtres la valeur d'une éducation intellectuelle plus élevée et des études scientifiques. Grâce à lui, les cloîtres devinrent, dans la suite, en Occident, un asile pour la science et pour la littérature.
lence; les Anachorètes, les Sarabaïtes qui ne s’astreignent à aucune règle claustrale (V. là-dessus c. 7), et une nouvelle variété des Ermites (V, c. 8).