CHAPITRE I
SÉDULIUS
Les Évangiles eux-mêmes reçurent de époque (1), un traitement poétique et sous un. que ne l'était celle de Juvencus. C'est ce qu Carmen paschale de Sévuuius (2) : l’auteur, lui-même dans la dédicace, y chante « les du Christ, « qui est sacrifié comme notre P4 repose sur les quatre Évangiles et comprend précédés d’un cinquième livre qui lui sert d'i vrage est dédié au prêtre Macédonius.
Cette dédicace en prose est la seule don nous ayons non seulement sur les intention
1. Pour placer la composition du Carmen à la fin d comme base la subscription du consul Astérius, qui 494, et une épigramme du même consul qui s’y rattacl pourrait faire supposer qu'Astérius aurait le premier 6 lius, et l'on admettait (ce qui est faux) que l'épigr Macédonius : la dédicace de l'Opus paschale (v. plus ment que le Carmen avait élé publié auparavant par Le. Lo. qui est également insinué par la dédicace du Carmen. La donnée d'Astérius ne peut donc s'expliquer qu'en admettant déjà le disparition, à son époque, du Carmen, peut-être à la suite de l'édition de l'Opus ; on doit supposer un plus long espace de temps entre l'édition d’Astérius et le composition de l'ouvrage. La date que j'adopte concorde avec la place occupée par Sédulius, dans la série des auteurs cités par saint Isidore. (De vir. tllustr.); il y est parmi les premiers, il occupe le septième rang, et Possidius vient après lui, tandis qu'Avitus et Dracontius n'ont que les places vingt-trois et vingt-quatre. Il compte donc parmi les auteurs que saint Jsidore entreprit de traiter pour suppléer l'ouvrage de Gennade. V., au sujet de la subscription, Jahn, Berichte der K. s. Ges. d. Wiss., III, et cf. Arévalo, Prolegg., Nr, 139.
2. « Coelii Sedulii opera omnis ad mss. codd. Vaticanos aliosque et ad veteres editiones recognita a Faust. » Arévalo. Rome, 1794, in-4 (Prolegg.).
3. « Quatuor ergo mirabilium divinorum libellos quos ex pluribus pauca complexus usque ad passionem et resurreclionem ascensionemque domini nostri Jesu Christi, quattuor evangelislarum dicta congrega
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encore sur sa personne mème. Nous y apprenons que Sédulius s'était primitivement occupé d'études profanes, et que son génie poétique avait sacrifié «aux jeux infertiles « de la poésie du siècle, lorsque la miséricorde de Dieu s’abaissa jusqu'à lui et qu'il lui « consacra le culte de son cœur illuminé. » Il se tourne donc du côté de la poésie religieuse, car il ne doit pas enfouir son talent ; il veut montrer les progrès rapides qu'il a faits dans la doctrine chrétienne, grâce surtout à Macédonius. Il a encore un autre motif qui l’engage à composer son ouvrage : il veut exhorter les autres à la vérité et en même temps s’affermir dans le bien. Il choisit donc la forme métrique et poétique, parce qu'il y en a plusieurs qui se laissent entraîner principalement par le charme de la poésie à la discipline des études profanes; ils lisent la prose avec négligence tandis qu'ils dévorent la poésie et gravent les vers dans leur mémoire (1).
Après un court prologue de huit distiques, le poète débute dans le premier livre (trois cent soixante-huit hexamètres),en disant qu'il ne voit pas pourquoiil tairait les miracles éclatants et manifestes du Christ, tandis que les poètes païens embouchent la trompette pour chanter, sous toutes les formes de la poésie, les mythes qui ne sont que mensonge. On voit que, pour le poète chrétien, ces miracles doivent remplacer le mythe. LeChrist, voie dusalut, voilà celui que le poète veut chanter ; c’est vers lui que tout sens doit se porter ; c’estauprès de luisurtout queceux qui sont encore esclaves de l'éducation païenne doivent chercher un refuge. Le poète s'adresse ensuite au Dieu tout-puissant, en le suppliant de lui montrer le chemin qui conduit à sa cité, la céleste Jérusalem. Sous sa conduite, ce chemin est facile à suivre ; la nature tout entitre obéit à ses ordres, en sorte que, s’il le voulait, la moisson mürirait au milieu de la glace et le vin dès le printemps. Parmi les signes que Dieu a montrés de sa domination sur la nature et de sa puissance
4. « Et multi sunt, quos studiorum secularium disciplina per poeticas magis delicias et carminum voluptates oblectat. Hi quidquid rhetoricae facuhdiae perlegunt, negligentius assequuntur, quoniam illud baud diligunt : quod autem versuum viderint blandimento mellitum, tanta cordis aviditate suscipiunt, ut in alta memoria saepius hoc iterando constituant etreponant. »
La Là Vi, :
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merveilleuse, l’auteur veut se contenter © ques-uns. Là-dessus, il cite à grands trait vants de l'Ancien Testament : l'enlèvemen ciel, la grossesse de Sara, le sacrifice d'A que le bélier s'avance de lui-même vers l'aut de Loth, le buisson ardent, la verge de M la mer Rouge (type du baptème, v. 142), la l'eau jaillissant du rocher sur l'ordre de Balaam, l'arrêt du soleil, le corbeau nou char de feu qui l'emporte dans le ciel, un t chias, Jonas, les trois jeunes gens dans 1 chodonosor changé en bête, Daniel dans Après avoir encore une fois récapitulé ces que la nature doit obéir à la volonté de son lourne ses armes contre les païens qui à des animaux et les éléments; il poursuit en Il vient d'énumérer les merveilles de l’anc plies par le Père, le Fils et le Saint-Espr nant passer à celles de la Loi nouvelle, :
par le Père réuni au Fils et au Saint-Esprit la vraic Foi; il va la défendre contre les d de Sabellius. 11 voit déjà la forteresse du Ch de J'y admettre en qualité de soldat chrétien la vie éternelle comme récompense des se qu'il manifeste par ses vers (3). C'est air livre n’est qu'une introduction à l'ouvrage |
Le début du deuxièmelivre(troiscentshes une peinture vivante du péché de nos pre le poète rejette notamment la faute sur ve est réparée par « Marie, la Sainte, » qu
1, CR v. 22358.