‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 203 sur 382 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

OSSIUS AEMILIUS DRACONT

de ce siècle, nous trouvons e d’un poète africain, une versifi aiment poétique de l’histoire :

majeure partie du livre premier e sans doute et en tout cas ava d’Hexaméron, elle fit oublier us, les deux manuscrits qui no s le titre De Deo, l'attribuent à:

ugustin. Mais celui qui l’a comp intéressants de cette époque, ur 1 poésie chrétienne apparaît ir ux parler de BLossivs AEMiLits 1 ouvrage que-je viens de nomn me élégie en cent cinquante-hu à suite de l’Herameron. Sous le adressée à Gonthamond, roi de que de 484 à 496. Ce poème, ain :grand ouvrage, nous fournisse nents précieux ; ces renseignemt étés par un certain nombre de co s (des produits de sa jeunesse ] 1e Lucis largiter (v. plus haut, p. 1 is le principe de la quantité, raison qu Hilaire.

armina ex mss. Vatic. duplo auctio 18. F. Arevalus, Rome, 1791, in (Prole rontius scripsit, liber II, e cod. Rhedi

deeser, Bresleu, 4847, in-4, lib. Ilf, nina minora plurima inedita 03. cou. avoepur. ou. =.

qu'on a découvertes récemment (1). Dracontius descendait d’une famille d'Afrique qui occupait un des premiers rangs par ses domaines; un Dracontius avait été Vicarius de cette province, vers l'an 60 du 1rv° siècle. Malgré la conquête du pays, la famille de notre poète était restée en possession de ses biens. Dracontius reçut l'éducation grammaticale et apprit la rhétorique en rapport avec son état, il se consacra à la carrière juridique. Il devint, à ce qu'il paraît, avocat près du proconsul de Carthage, se maria et eut un grand nombre d’enfants (2). Il semble avoir vécu dans les plus heureuses relations, jusqu'à ce qu'il s’attira la colère du roi Gonthamond, lequel le traita, lui et sa famille, de la façon la plus dure. Dracontius fut jeté en prison et roué de coups (3): c'était là un des traitements à la Vandale. Ses biens furent confisqués, en sorte que les siens eurent à lutter contre la misère. Son crime consistait dans une pièce de vers (4) :il

4. Ces Carmina minora, ainsi que les intitule l'éditeur, consistent, en partie, dans des travaux d’élève, comme la versification de la fable d'Hylas, récitée par l'auteur dans l'auditoire du grammairien Félician ; ou bien encore, ce sont de ces déclamations versiflées, Lelles qu’on en entendait dans l'école des rhéteurs. L’une est Controversia, une autre Deliberativa ; elles n'ont d'autre mérite que celui de nous faire connaitre la persistance, dans l'Afrique, de la tradition antique en fait d'enseignement scolaire ; la préface même du premier de ces écrits nous prouve que les Vandales eux-mêmes assistaient, en compagnie des Romans, aux leçons des grammairiens. Nous y trouvons encore deux Epithalames, dont l’un est composé pendant sa captivité, et qui nous montrent un mélange curieux où la mythologie et la sensualité de l’épithalame antique s'étalent à côté de sentiments chrétiens, Ajoutons-y encore deux poèmes épiques dont l’un (six cent cinquante-cinq hexam.) traite de l'enlèvement d'Hélène, et l’autre (six cent un hexam.) de la fable de Médée. Tous ces poèmes (même Oreste publié auparavant, à supposer qu’il soit de lui) n’ont nul intérêt pour nous, vu que, longtemps inconnus, ils n’exercèrent aucune influence sur le moyen âge.

2. C’est ainsi qu’à la fin de son grand poème (Il. III, v. 690 et s.), il adresse à Dieu cette prière :

Sit mihi longa dics felici tramite vitae, | Sit domus haec felix, felix numerosa propago. 3. Satisfactio, v. 312.

4, Culpa mihi fuerat dominos reticere modestos, Ignotumque mihi scribere vel Dominum. V. 93 et s.

Le vers 106 montre que c'était un poème :

Te coram primum me carminis illius... paenitet,

Sa faute avait encore été aggravée par «la bouche malicieuse » de son dénonciateur. 2. Epithalam. (Carmina minora, V. VII), 128 et s.

Ho DRACONTIUS (368-9.

avait chanté, ainsi qu'il nous l’apprend dans la Satisfactio, un étranger comme étant son maître, au licu de célébrer la maison princière des Vandales. Il s'agissait sans doute de l'Empereur romain; or, les relations secrètes de la noblesse romane et du clergé catholique africain, à Byzance, étaient à bon droit suspectes aux Vandales.

Il y avait déjà longtemps que Dracontius était victime dela colère du roi, lorsqu'il composa son poème sur la satisfaction (4). Dans cet écrit, il s'adresse d’abord à Dieu, qui dispose le cœur des hommes : tout ce qu'ils font, le bien comme le mal est, par conséquent, une suite de la grâce ou de la colère divine. Dieu, qui endurcit autrefois le cœur de Pharaon, a permis que lui, poète, à cause de ses fautes nombreuses, fit cc qu'il n'aurait jamais dù faire, et qu'au lieu de célébrer les guerres victorieuses des Asdinges, par des chants qui lui auraient fourni une moisson de gloire et de récompenses, il chercht certains dangers (v. 21 sq.). Seul, un insensé, poussé par la colère divine, a pu en arriver là. Il rappelle l'exemple de Nabuchodonosor dont Dieu, dans sa colère, changea non seulement le sens, mais même la forme. Mais Dieu la lui rendit après ; puisse-t-il aussi ordonner à son maître d'en agir de même avec lui, le poète. Il chantera ensuite sa louange, celle de son père et de son grand-père (Genséric). Dans le monde, le bien est mêlé au mal: le serpent porte en lui le poison etle contre-poison ; c’est ainsi que la lettre est utile et nuisible en même temps (v. 64). Donc, après avoir demandé pardon à Dieu pour sa faute, qu'il précise ici (v. p. III, rem. 3), le poète s'adresse ensuite au roi, le priant d'être aussi clément envers lui qu'il l'est envers les autres. Par un contraste singulier avec son prédécesseur Huncric, Gonthamond se montra, en effet, plein de douceur envers les catholiques, c'est-à-dire, en même temps, les Romans (2). Dracontins vante surtout la clémence du roi envers les prisonniers ennemis. 11 l’engage à imiter Dieu, en pardonnant comme lui, afin de ne pas faire

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