‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 208 sur 382 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ALCIMUS ECDIDIUS AVITUS.

Un contemporain immédiat de Dracontius, qui prit diverses parties du premier livre de Moïse pour sujet vers, fut le gaulois Accus Ecoimius Avirus (1). Issu famille sénatoriale de l'Auvergne, il occupa, en 490, 1 épiscopal de Vienne, que son père, et peut-être mèêr grand-père, avaient déjà occupé avant lui. Il était une d fermes colonnes de l'Église catholique, dans l’empire be gnon : non seulement il la défendit contre les hérésie un zèle tout orthodoxe; mais il fit, en sa faveur, une gande couronnée de succès, même en employant des r qui jettent surson caractère une lumière douteuse. Il fu ceux qui, indirectement du moins, facilitèrent à CI conquête du sud de la Gaule. Il lui adressa, pour céléb baptême, une lettre flatteuse, dans laquelle il ne cra d'avancer que la divine Providence l'a envoyé pour cette époque, le juge qui doit décider où se trouve la v. chrétienne, et que le catholicisme est redevable, au cho a fait, de triompher des sectes (2). Saint Avite survécut bourguignon Sigismond, lequel mourut en 523 ; il pari était encore en vie en 528 (3).

Parmi les œuvres poéliques de saint Avite, deux seu

4. Aviti opera cura et studio J. Sirmondi, Paris, 1643. — P Avite, sa vie et ses écrits, Louvain, 1859. — Cucheval, De S. Avi bus commentarius. Paris, 1863. — Guizot, Histoire de la civilis France, 18° leçon. — Ampère, op. cit., tom. II, p. 178 sq. — Geschichte des burgundischen Kæñnigreiches, Leipzig, 1868, p. 1€ Charaux, Saint Avite, évêque de Vienne, sa vie, ses œuvres (Thi ris, 1876.

2. « Invenit quippe tempori nostro arbitrum quemdem divina Dum vobis eligitis, omnibus judicatis : vestra fides, nostra victor Ep. 41,

3. V. Binding, p. 260; il traite en détail la vie, le caractère et 1 cation politique de saint Avile.

« 420 SAINT AVITE [377-8.]

Ë sont parvenues jusqu'à nous; il est mème probable que ce sont les seules qu'il ait éditées (1). La plus remarquable, comme

la première en date, est un poème cn hexamètres el en cinq livres, auquel saint Avite, dans une lettre, donne le titre général de De spiritalis historiae gestis (2), tandis que, d'après saint Isidore (3), chaque livre avait le titre suivant : lib. I. De origine mundi ; — lib. Il. De originali peccato ; — lib. III. De sententia Dei; — lib. IV. De diluvio mundi; — lib. V. De transitu maris rubri. Les trois premiers livres, ainsi que le montrent ces titres, ont entre eux un intime rapport; il enest de mème des deux derniers, de sorte qu'on pout distinguer deux divisions dans cet ouvrage et que la première offre le caractère d'une œuvre poétique complète. Elle est, en outre, quant à la disposition du moins, l’œuvre poétique la plus considérable entreprise sur la Bible par l'antique poésie chrétienne. Nous nous trouvons ici en face d'une véritable conception poétique et indépendante à laquelle la Bible ne fournit que la matière, laquelle est passée dans une composition marquée au coin de l'unité et très bien disposée. Le paradis perdu en est effectivement le sujet, le même que traitera, plusieurs siècles plus tard, un plus grand poète en y imprimant quelques traits qui n'avaient pas échappé à saint Avite (4).

1. C'est ce qui résulte de la lecture comparée de la préface des deux ouvrages. On voit par celle du premier que, jusque-là, il n'avait encore rien publié, quoiqu'il eût écrit maints petits poèmes ; ou bien il les avait perdus, ou bien il ne les destinait pas au public. La préface du second dit que cet ouvrage vint immédiatement après le premier et ne fut publié que pour un petit cercle de personnes en relation avec le poète. On y lit même, à la fin, que l’auteur abandonne définitivement la versification, qui, depuis longtemps déjà ne se concilie plus avec sa dignité et ne convient plus maintenant à son âge ; il faudrait un motif très urgent pour le forcer à composer une épigramme, et une épigramme dans le vrai sens du mot.

2. Ep. 45 : « Scribebatis placuisse vobis libellos, quos .. de spiritalis historiae gestis etiam lege poematis lusi. » Cette épitre est antérieure à 507 (cf. Binding, p. 296); le poème n’a donc pas été édité après cette date; il ne l’a pas élé non plus longtemps auparavant, vu que l'édition du deuxième poème suivit immédiatement celle du premier, et que la préface de celui-ci (v. remarque précédente) nous indique l’âge de l'auteur. Il avait toutefois été composé longtemps auparavant (v. la préface), et par conséquent dans la à dixième décade du v® siècle.

; 3. De vie. illustr., ©. 23.

| 4, Ainsi que Guizot l'a montré le premier dans l'ouvrage déjà cité.

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