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manière de voir toute païenne. Comme poète du moins, Mérobaudes était resté païen. Pour ce motif il me semble douteux que le poème à la louange du Christ, Proles vera P-* (trente hexamètres), lequel lui est attribué d’après unr nuscrit, tandis que, d’après un autre, il serait de Claudi soit véritablement son ouvrage; il est digne pourtant de plume, quant à la pureté de l’expression et à la facture vers. Ce poème est, en effet, tout imprégné d’un sentimt chrétien qu'on ne saurait feindre, et le style n’a rien l'expression pathétique de Virgile.
Mais, à celte époque, parmi les représentants de cette t dance pagano-antique poursuivie maintenant par les chrétie le plus illustre pour nous est Caius Pozzius ApozLixaRIs S1 mis (4). Il est parvenu jusqu'à nous un nombre assez consi rable d'ouvrages de ce poète, tandis que nous ne posséde presque rien d'un grand nombre de poètes qui formait comme une pléiade autour de lui, et auxquels il donne 1 mème des éloges exagérés. Sidoine naquit à Lyon, en 43 il descendait d'une des plus nobles races de la Gaule. famille était chrétienne depuis longtemps, vu que déjà s grand-père avait reçu le baptème. Le jeune Sidoine reçut u éducation aussi excellente qu'on était capable de la lui of à cette époque : le sud de la Gaule se distinguait toujours | ses grammairiens et par ses rhéteurs. Cette culture él encore la culture traditionnelle, à savoir celle de l'antiqu païenne. Déclamations, panégyriques sur le premier su
1. C. S. A. Sidonii opera Sirmondi cura et studio, 2e ëd., Paris, 4€ in-4.— Œuvres publiées pour la premiére fois dans l'ordrechronologig d'aprés les mss; de la Biblioth. nationale, précédées d'une introducti par Baret. Paris, 1879. — Germain, Essai lité. et hislor. sur Apolline Sidonius, Montpellier, 1840.— Fertig, C. S. A. Sidoine et son siècle d'ap ses ouvrages. 3 Programmes, Würzburg, 1845-46. Passau, 1848, in-4. G. Kauffmann, Les œuvres de C. S. A. Sidonius, source pour l'histc de son siècle (Dissertation). Goeltingen, 1864. Par le même: C. S. A. donius, dans le nouveau Musée suisse, 5, année, Bâle, 1865.— Bueding Appoll. Sidonius, comme politique (Comptes rendus de la classe phi histor. de l'Acad. de Vienne, Vol. 97), 1881. — Ampère, op. cit. 1, p. 216 sq. — Châtelain, Etude sur Sidoine Apollinaire, couronnée 4875, par l'Académie des Inscriplions et Belles-Lettres.
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venu et surtout sur ceux qui avaient trait à l'antique grandeur de Rome (par exemple : De laudibus C. J. Caesaris) ; contrcverses philosophiques dans un cercle d'amis ; poèmes, tels que ceux que Sidoine composa dès l'enfance : voilà les fruits de cette éducation; ajoutons-y les exercices et les jeux chevaleresques, et nous aurons au complet le passe-temps de dilettante auquel se livrait la jeune noblesse. La forme était tout, dans ces tournois littéraires : vaincre une difficulté ; faire des tours de force, au point de vue de la rhétorique, de la dialectique et de la métrique : tel était le but qui paraissait mériter les plus grands éloges; la récompense à laquelle on aspirait consistail dans des distinctions extérieures, dans le bruit des applaudissements. L'antique amour de la gloire, restreint généralement par les circonstances au domaine de la société, remplissait encore une telle vie; le christianisme n’y était qu'une forme.
Avec son talent de poète, Sidoine sut s'acquérir de plus grands honneurs et de plus précieux avantages que les éloges de ses amis. Un panégyrique composé à la gloire de son beaupère, Avitus, lorsque, devenu empereur, il commence son consulat en 456, lui mérila les honneurs d'une statue, sur le forum de Trajan, au milieu des monuments des hommes les plus célèbres. Après la chute d'Avitus, dans celte même année, Sidoine combattit, avec une grande partie de la noblesse gauloise, Majorien son successeur; vaincu dans cette lutte, il sut, par un autre panégyrique en l'honneur du vainqueur (458), non seulement obtenir le pardon, mais encore mériter ses bienfaits. Après la ruine de Majorien, Sidoine embrassa le parti de Théodoric IF, le puissant roi des Visigoths, en Gaule. Mais, lorsque ce dernier fut assassiné, en 466, et que l’élévation d'Anthémius à l’Empire fit, l’année suivante, grandir les espérances qu'on basait sur la puissance de Rome, on vit alors Sidoine, appelé dans la ville éternelle, rendre ses hommages au soleil levant et saluer, par un panégyrique, la prise de possession du deuxième consulat d'Anthémius (468). Comme récompense, il fut fait préfet de la ville. Cinq ans plus tard, nous le trouvons de nouveau sur ses terres, dans le pays des Arvernes; c'est là que cet homme, qui avait obtenu à un si haut
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