‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 243 sur 382 · Voir sur cet auteur, Holder-Egger, Op. c., I, p. 412 sq · texte numérisé non relu

Voir sur cet auteur, Holder-Egger, Op. c., I, p. 412 sq

2. Prétendre d’autre part, comme le fait Pithoeus, que cette chronique est l'œuvre de Prosper d'Aquitaine et que l’autre ne l’est pas, c’estcontredire non seulement au grand nombre de manuscrits de cette dernière, dans lesquels Prosper se donne comme l'auteur, mais encore aux renseignements de Gennade (avec qui concorde encore Cassiodore, div. lect., c. 17) disant que la chronique de Prosper débute avec le commencement du monde; et l’extrait pris d'Eusèbe saint Jérôme ne fait que précéder le chronicon consulare. L'accord qui règne entre la chronique de Prosper et ses autres ouvrages, répugne également à cette supposition.

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défectueux, quant aux détails, dans le Cronicon consulare, qu’il ne l’est dans le CAronticon impertale. Ce dernier est bien moins fidèle à la tendance générale, et la Gaule y occupe une place de faveur plus qu’elle ne le fait dans l’autre; les notices littéraires y tiennent aussi un rang important, ainsi que celles qui ont rapport aux phénomènes naturels, tandis que, par contre, le Chronicon consulare s’arrète plus aux affaires ecclésiastiques (1).

Il existe une autre continuation de la chronique de saint Jérôme bien plus intéressante et plus originale que celles dont nous venons de parler : elle a pour auteur un habitant de la Galice, l'évêque Inacus. Né à Lémica, vers la fin du iv* siècle, il fit, de 406 à 407, n'étant encore qu'un enfant, un voyage à Jérusalem (2): il y vit saint Jérôme et fut, dès l'an 427, sacré évêque, probablement d’Aquae Flaviae ; il joua en cette qualité, dans sa patrie, un rôle politique important; en 431 il fut chargé d'un message auprès d'Aëtius, en Gaule, afin d'en obtenir du secours contre les Suèves (3); il fut lié d'une manière intime avec le pape saint Léon. Devenu évêque, Idacius commença ses notices chronologiques, qu’il mena jusqu'à l’année 467; il a, par contre, emprunté à des livres et rapports de contemporains la partie qui traite de la fin de la Chronique de saint Jérôme jusqu’à l'année 427 : dans sa pré-

1. Je passe sous silence, comme étant en dehors du domaine de l’histoire générale de Ja littérature, deux récensions spéciales de la chronique consulaire et les tables consulaires de Prosper (V. sur ces tables, Mommsen, Abhandl. d. Koen. saechs, Ges. d. Wiss., phil.-hist. Kl., vol. III, p. 660 sq.). Parle même motif, je ne dis rien des chroniques contenues dans le recueil désigné sous le nom du Chronographe, de 354 ; c’est une chronique universelle et une chronique de la cité de Rome, et elles ne contiennent que de pauvres notices ; elles n’ont de l'intérêt qu'à titre de sources ; par ce motif, j'ai mentionné la dernière (plus haut, p. 226). V. sur ce recueil Mommsen (op. c.) vol. I, p. 547 sq., où se trouvent les chroniques ellesner V. aussi Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellen, 3° ëd., vol.

p. 48 sq.

2. Ce pèlerinage, mentionné aussi dans la préface, eut lieu à l'époque que nous avons déterminée, ainsi que le montrent les passages d’Idacius concernant la Palestine et se rapportant à ces dates. Voir Roesler, p. 204 et 207.

3. Ces dates de la biographie de l’auteur découlent de la chronique ellemême ou de sa préface: cf. Papencordt. Op. c. p. 352 sq.

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face, où il distinguc avec soin ces deux parties de son ouvrage et où 1l réclame l’indulgence du lecteur, il nous apprend qu'il a entrepris, lui ignorant, de continuer l'ouvrage de saint Jérôme, tâche qui rentrerait plutôt dans les attributions d’un savant. La continuation d'un autre auteur lui était donc restée inconnue ; il ne sait affirmer si saint Jérôme lui-même n’en a pas laissé une; cependant cela ne lui paraît pas improbable, vu son activité littéraire tant que dura sa santé. Toutes ces considérations remarquables de la préface de la chronique nous montrent, dans leur modeste auteur, un homme qui a déjà conscience de la vocation de l’historien, du moins au point de vue moral. Il s'est donné, on le voit, toutes les peines possibles pour recueillir les matériaux ; il ne veut pas laisser le lecteur perplexe, relativement au degré de confiance qu'ils méritent. Le livre lui-même nous offre des témoignages formels de cette délicatesse de conscience. Nous le voyons, en certains endroits, exprimer ses regrets de ne pas connaître les faits, comme par exemple, l'époque de la mort de saint Jérôme (Roncallius, p. 25); en parlant d'un événement, il le donne comme un simple « on dit», en ajoutant: ut malum fama dispergit, ou bien encore : ut aliquorum relatio habet (Roncallius, p. 37 et 23); une autre fois même, pour confirmer la vérité de son récit, il l'appuie sur la source d’où il l’a tiré (4), ou bien il en nomme le rapporteur (Roncallius, p. 25). L'éloignement où il était du centre de l’empire, et la conscience de l’auteur, dans un temps surtout où les communications offraient si peu de sécurité, devaient rendre d'autant plus difficile cette continuation. L'Espagne, et spécialement la Galice, occupaient le premier plan; c’est sur ces provinces qu'il donne non seulement la majeure partie des documents, mais encore les plus détaillés; ce caractère national espagnol de l'ouvrage, joint au patriotisme de l’auteur, se manifeste dès le début, où l’on nous présente Théodose comme natione Hispanus de provincia Gallaecia. Après l'Espagne,

4. « Durante episcopo, quo supra (c'est le pape Zosime) gravissimo terrae motu sancta in Hierosolymis loca quassantu” et cetera, de quibus in gestis

ejusdem episcopi scripta declarant. » Roesler, à l’année 419, p, 237; :

Ronc. p., 19.

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