GENNADIUS
qu'il avait traduit plusieurs écrits christiano-grecs, entre autres celui du moine Evagrius (v. c. 14) (4). Dans le classement des auteurs, sa manière de procéder ne diffère pas de celle de son prédécesseur, c’est-à-dire qu'il n'observe que d’une manière très générale l'ordre chronologique, et que ses dates sont presque toujours vagues et flottantes (2). Il lu arrive même de partir de suppositions erronées ; c'est ce que nous voyons quand il parle de Commodien, qu'il place même après Prudence. Et il croit que Commodien a mis Lactance à profit.
Le développement des articles est, en générel, pour le fond et la forme, plus insignifiant encore que dans saint Jérôme, quelque précieuses que soient pour nous les notices qu'ils contiennent. Comme son prédécesseur, il a un procédé tout personnel. Il faut pourtant savoir reconnaître que Gennade est indépendant d’autorités telles que celles de saint Jérôme et de saint Augustin ; il faut aussi reconnaître la franchise de son jugement. Il n'hésite pas à blâmer, quand il le croit à
propos, des hommes tels que ces Pères, et les égards quil leur doit ne l’'empêchent point de rendre justice à leurs adversaires. Gennade penche, il est vrai, vers le semi-pélagianisme, qui régnait encore toujours dans le sud de la Gaule. Il ne comptait pas lui-même dans le parti des orthodoxes sévères ; il faut probablement attribuer à cette circonstance une certaine tolérance objective qu'il observait envers des héré- * tiques frappés des censures de l'Église, tels qu’un Origène et un Pélage (3); nous avons déjà reconnu cette tolérance même dans son prédécesseur.