Jungmann l’a démontré avec certitude, Op. c., p
3. « Sed tantum illa quaerimus levia, quae mensualibus stipendiis grarcmatici distrahunt puerilibus auscultatibus, »
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512 FULGENTIUS [358.]
trine, bonheur ; car, arma, id est virtus, se rapporte à substantia corparalis ; vir, id est sapientia, correspond à substantia sensualis; primus, id est princeps, est la même chose que substantia ornans. Le naufrage d'Enée signifie la naissance qui n’a lieu qu'au milieu de dangers : c’est Junon qui préside à la naissance, elle en est la décsse; elle envoie Eole; mais Eole est, en grec, « quasi Aeonolus, » c'est-à-dire ruine du monde, etc. C’est donc ainsi que le premier livre symbolise la naissance de l'homme et la première enfance. Fulgence continue son explication, dans ce style, avec de plus ou moins longs détails. Au sixième livre, par exemple, Enée en pénétrant dans le temple d’Apollon et en cueillant le rameau d'or, entre en possession de la science symbolisée par ce rameau: armé de cette tige précieuse, il descend aux Enfers, c’est-àdire dans les secrets de la sagesse; auparavant cependant ila dù enterrer Misenus, c’est-à-dire l'amour de la gloire, comme il l'explique par l'étymologie du nom (1). Le procédé de Fulgence est, on le voit dans ce livre, tel que nous l'avons trouvé dans la mythologie ; ici également il se rencontre plusieurs passages chrétiens enclavés dans les remarques de l'auteur (2), car Virgile lui-même se donne expressément pour un païen (3). Les deux ouvrages sont écrits dans le même style boursoufflé, maniéré, et singulièrement incorrect : ces défauts s’accusent en particulier dans les introductions.
Cette manière de traiter les mythes et l'épopée mythique devait d'autant mieux agréer aux cercles chrétiens qui cultivaient encore l'étude des lettres antiques; elle devait paraître d'autant favorable à l'enseignement des grammairiens chrétiens, que, depuis bien longtemps, nous l’avons vu, on l'avait appliquée à la Bible, même du haut de la chaire, et que, d'autre part, la forme de l'allégorie avait pris possession de la poésie chrétienne, dès ses débuts, comme d’un domaine qui
1 « Misio (le fait-il venir de mioéw ?) enim graece obruo dicitur; aivos vero laus vocatur. Ergo nisi vanae laudis pompam obrueris, nunquam secreta sapientiae penetrabis. »