MARTIANUS CAPELLA
lui appartenait. C'était là le seul moyen de sauver la mythologie et de la transmettre au moyen âge ; dès les débuts de la Renaissance même, c'est sous ce manteau que nous la voyons reparaître, ainsi que le montre l'ouvrage mythologique de Boccace.
Quant à la forme spéciale de ses ouvrages, et notamment du premier, Fulgence, qui manquait d'originalité, se rattache à des ouvrages antérieurs et surtout à celui d’un de ses compatriotes, lequel appartient aux vingt premières années de ce même siècle (1); il semble avoir trouvé son genre dans cette œuvre où l’on voit la mythologie non seulement se mêler à l'allégorie, mais prendre elle-même un caractère allégorique ; je parle ici de l'encyclopédie des sept arts libéraux du néoplatonicien Marrianus CaPeczaA (2), encyclopédie qui parut sous le titre de Mariage de la Philologie et de Mercure.
Martianus n'était sans doute pas chrétien; son œuvre ne rentre pas par conséquent dans le cadre de notre étude : néanmoins je veux lui consacrer quelques lignes, à cause de l'influence considérable qu’il a exercée sur la culture non seulement scientifique, mais même esthétique du moyen âge. Ce sont surtout ses allégories qui ont contribué à obtenir ce résultat, comme ce sont elles aussi qui jettent comme un voile sur le paganisme de l’auteur. Son ouvrage fut longtemps au moyen âge une des bases principales, et souvent même l'unique
base de l’enseignement scolaire. Formé de neuf livres, il est
composé dans la forme de la satire ménippée ; mais la prose y occupe une plus large place. Les deux premiers livres sont entièrement consacrés au mythe et à l’allégorie, et voici, en substance, la fable que l’auteur raconte à son fils. Mercure (3),
1. En adoptant, comme je le fais, la manière de voir de Lucien Müller et en prenant l’espace de 410 à 427 comme époque de la composition de l’ouvrage de Capella.
2. Mart. Minei Felicis Capellae De nuptiis Philologiae et Mercurii et de septem artibus liberalibus libri IX ad cod. mss. fidem cum nolis Vulcanii etc. etcommentario perpetuo ed. U. F. Kopp., Francfort s. le M., 1836, in-4 ; Mart. Capella Fr. Eyssenhardt recens. , Leipzig, 18686 ; article de Jacobs dans l'Encyclopédie de .Ersch et Gruber, re sect., vol. XV.
3. Hermes est, d’après Plotin, Ja forme intelligible, le \éyoc. v. Zeller III, 2, p. 561. De là, le mariage de la Philologie (püetv-6yov) avec lui.