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manfried (4) parles Francs; plus tard, elle devint, malgré elle, l'épouse de Clotaire. Mais cette femme, instruite et profondément religieuse depuis son enfance, s'était séparée de son mari, qui venait de faire égorger son propre père à elle: elle fonda, sous le vocable de Sainte-Croix, un couvent près de Poitiers et s’y retira. Elle y vécut alors, veuve enfin et chargée d'années, dans l’ascétisme le plus sévère. Sainte Radegonde détermina notre poète à se fixer à Poitiers : il devait y trouver une nouvelle patrie, dans la société aimable, intime même de cette femme illustre, et dans celle de l’abbesse du couvent, Agnès. fille adoptive de Radegonde. C’est là aussi que Fortunat entra dans l’état ecclésiastique et qu'il fut ordonné prètre. Sa réputation de poète se répandit bientôt dans toute la Gaule ; il se mit on relation avec presque tous les savants ou tous les hommes aux aspirations élevées; ces relations étaient entretenues par les. nombreux voyages qu'il faisait à Poitiers et qui interrompaient sa vie monotone, mais ses poésies, nous le verrons bientôt, avaient dans ces relations la plus large part. Avant tout, il apprit à connaître le célèbre historien des Francs, : Grégoire, le grand évèque de Tours; ce fut ce dernier qui, |, après avoir montré d’abord le plus vif intérêt pour ses vers, | pressa le premier saint Fortunat de réunir et de publier ses poèmes (2). Dans un âge avancé, sans doute vers la fin du siècle, Fortunat fut élevé à la chaire épiscopale de Poitiers. La date de sa mort nous est inconnue. Il faut apparemment la placer dans les premières années du vrr siècle.
Nous avons environ de saint Fortunat trois cents poèmes, dont la majeure partie a été réunie en onze livres et publiée par l’auteur (3). La plupart sont composés en mètre élégiaque;