‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 304 sur 382 · RÉFORMES DE LA LITURGIE · texte numérisé non relu

RÉFORMES DE LA LITURGIE

et ferme, » qu’on appela, de son nom, chant grégorien, et qui se distingue du chant ambrosien en ce que toutes les notes sont chantées d’une manière égale, sans aucun égard pour le rythme, ni pour le mètre. Ce n’était donc pas une nouveauté, car il va sans dire que la psalmodie traditionnelle du judaïsme avait dù, dès le début, servir de base pour le chant des lignes en prose de la Bible. On ne doit pas supposer non plus que saint Grégoire ait fait disparaître de l'Église le chantambrosien, ni même qu'il en ait eu l'intention : n’a-t-il pas composé lui-même des hymnes métriques dans le genre de celles de saint Ambroise, et ces hymnes n’ont-elles pas été chantées de la même manière que des hymnes ambrosiennes? Nous montrerons, en temps et lieu, que l’organisation et l’introduction affermies du chant grégorien dans l'office divin, etnotamment dans la messe, ont eu la plus grande importance au point de vue de la poésie populaire. De plus, non seulement il rédigea de nouveau le Sacramentaire (Sacramentarium) de l'Église romaine, c’est-à-dire les préfaces et les prières de la messe, mais il composa en outre un Antiphonaire {Antiphonarium) ou recueil d'antiennes chantées pendant la messe (1) .” Il n'entre pas dans le cadre de notre travail de faire une étude détaillée des efforts de saint Grégoire pour rehausser la liturgie; mais, comme conséquence de ces efforts, il faut citer un institut important, qui lui dut sa création; c’est une école de chant, dans laquelle étaient formés, sous la coopération spéciale de saint Grégoire lui-même, des chantres pour l’église. Cette école était destinée, en première ligne, à de jeunes garçons orphelins ; aussi prit-elle le nom de Orphanotrophium. Cet établissement, richement doté par lui, resta très florissant et devint un modèle et une pépinière pour les écoles de chant de l'Occident. C’est ainsi que saint Grégoire, qui mourut en 604, a une grande portée, même par son activité sacerdotale si multiple, pour la culture du moyen âge ct indirectement aussi pour sa littérature.

De mème que saint Grégoire, par cette activité de son pontificat, par la marche de son développement et par maints

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