Lau, op. c., p. 249 sq
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traits du caractère, nous rappelle immédiatement saint Ambroise ; de mème on peut comparer ensemble ces deux grands hommes, dans leurs productions littéraires. Ici également c’est le seul but pratique à atteindre qui fait écrire saint Grégoire. Et ce but est, en partie, le même que celui que poursuit saint Ambroise, et saint Grégoire marche, dans quelques-uns de ses ouvrages, sur ses traces. Voilà pourquoi le contraste qui se dessine, malgré cela, dans les écrits de ces deux princes de l'Église n'en est que plus frappant. C’est le résultat d'une différence non seulement des talents intellectuels, plus élevés il est vrai dans saint Ambroiso; mais.encore et plutôt, le résultat d'une différence dans la culture, laquelle était moins l’œuvre des personnes elles-mèmes que celle du siècle où elles vécurent. Dans saint Ambroise, nous trouvons encore, malgré une éducation et des idées sévèrement chrétiennes, un reflet esthétique des modèles classiques de l'antiquité, surtout de Cicéron et de Virgile; lui aussi était avant tout un homme de pratique; et pourtant, il nous fait voir une tout autre culture intellectuelle au point de vue théorique; plus élevée, elle est jointe à une connaissance parfaite du grec; saint Grégoire ne savait pas cette langue, quoiqu'il eùt séjourné longtemps à Constantinople.
Cette différence, résultat de la décadence de la littérature générale en Occident, se montre aussitôt sous tout son jour dans un ouvrage en prose de saint Grégoire, qui appartient complètement au domaine de la littérature générale et qui a exercé l'influence la plus grande et la plus immédiate sur la culture du moyen âge et sur ses littératures. Il est en même temps le plus original de tous ceux qu’il a composés. Ce sont ses Dialogues (Dialogt), en quatre livres. Dans la plupart des manuscrits, on trouve ce titre suivi de l'addition suivante qui en détermine le sujet : De vita et miraculis patrum Italicorum et de aeternitate animarum. C'est donc un recueil de légendes. L'introduction nous fournit des renseignements sur la forme, ja naissance, la tendance et les sources de l'ouvrage, qui fut écrit en 593-94. Saint Grégoire nous y raconte comment un jour,pendant son pontificat, accablé par les affaires temporelles, il se retira plein de tristesse dans la solitude. Là vient le trou-