‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 48 sur 382 · L. 1., c. 4 un peu plus loin · texte numérisé non relu

L. 1., c. 4 un peu plus loin

2. « Cujus scientiæ summam breviter cireumscribo : ut neque religio ulla sine sapientia suscipienda sit, nec ulla sine religione probanda sapientia. » I, ce. 1. CF. IV, ec. 3.

traire est vide et sans valeur (4). Et cette démonstration, sielle reste impuissante pour les païens, sera du moins utile à beaucoup de chrétiens encore hésitants dans la foi, parmi ceux-là surtout qui sont instruils dans les lettres et sur qui la science et la littérature des païens n'exercent que trop facilement une funeste influence. L'auteur enfin a écrit l'ouvrage aussi pour lui-même, car c'est une jouissance de l'esprit de faire unc excursion dans le domaine lumineux de la vérité (V,c. 1). C'est ainsi que cet ouvrage est, pour ainsi parler, écrit con amore (ce qui explique d'autant mieux chez l'auteur l'abandon de la causerie), mais, en mème temps, avec un soin extrême de la forme. Lactance ne veut pas rester en arrière des auteurs païens pour la grâce du discours : et il a, en effet, sous ce rapport, dépassé de beaucoup ceux qui élaient ses contempo- | rains. Cicéron fut toujours et reste encore son modèle; mais | Lactance n’est pas un simple imitateur ; entre lui et Cicéron, | il y avait je ne sais quelle sympathie de nature qui devait ren- | dre plus féconde l'étude du modèle ; et Lactance doit en effet à celte étude les hautes connaissances de la forme que fait ressortir encore l’analogie du style.Lactance est sans contredit le plus élégant écrivain en prose de son temps.

La marche du récit est la suivante. Les-deux premiers livres, intitulés De falsa religione et De origine erroris, sont: dirigés contre le polythéisme du peuple : l’auteur s'efforce, en mème temps, de prouver le monothéisme. C'est avec cette preuve qu'il commence le premier livre, après avoir adopté comme un fait incontestable l'existence d’une providence divine, vu que le petit nombre de philosophes qui la niaïcnt ont été suffisamment réfutés par d’autres, surtout par les stoïciens (2).

La perfection de la divinité exige le monothéisme, et Ja divinité ne peut admettre la division de la force divine; il n'y a qu'un seul Dieu qui puisse gouverner le monde, de mème qu'un seul esprit habite dans un seul corps; mais accepter d'autres « dieux » dépendants d’un Dieu souverain, est une contradiction, car ce qui cst au service d’un autre ne peut

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