DE FRATRIBUS SEPTEM MACCHAPEÆIS
de traiter la matière biblique et celle de l'Ancien-Testame Ce poème appartient encore vraisemblablement à cette pério à cause de la pureté relative de la: langue et de la correct du mètre; néanmoins, et vu surtout l'incertitude compl relative à l’auteur, il n'offre aucun point d'appui pour déterminer l’époque. C’est le septième chapitre du deuxiè livre des Macchabées qui fournit la matière, on pourrait pi que dire le thème des trois cent quatre-vingt-treize hexai tres de l'ouvrage. L'auteur dramatise presque le récit biblit dans un style élogieux et qui sent son rhéteur; il fait d' mère une héroïne dont les longs discours aux fils et au forment la principale partie du poème. Les enfants finiss par mourir en l'honneur de la mère qui enflamme sans ce Ja rage du tyran, afin que tous sept soient sacrifiés à sa glo Non seulement le poète s'éloigne ici du récit de la Bil mais il en défigure le contenu. L'esprit dans lequel il tr. son sujet, c'est l'amour de la gloire païenne et romaine : héroïne nous rappelle de la manière la plus vivante les hé: nes de Sénèque et celles des tragiques français qui l'imitèrt Cette raison devrait aussi contribuer à le rattacher à © époque. Le choix seul du sujet indique le goût du rhéteur. sept frères sont tués l’un après l’autre parce qu'ils neveu pas renoncer à la loi liturgique des juifs et qu’ils refusent manger de la viande de porc. Le motif d'une semblable n n'avait rien de bien entraînant pour un chrétien, quoique ait vu cependant de bonne heure le plus ancien exemple martyre (1); mais exécuter sur un seul et mème thème : variations brillantes, était chose Lentante pour un rhéteur. narration est, en conséquence, vide el ampoulée; c’est perpétuelle répétition des mêmes termes et des mêmes pl ses; le style et la langue sont, en général, ceux de l’épc romaine d’après le modèle fourni par Virgile, mais mêlés
posé par un rhéleür chrétien. Le 1° août était le jour consacré à hot la mémoire de ces saints, comme nous le voyons déjà au martyrolog Bède.
1. On le trouve ainsi qualifié dans l'écrit de saint Hilaire contre C tance, c. 6, et, plus tard, il sera souvent glorifié, comme on le verra le cours de cette Histoire.
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expressions les plus prosaïques et les plus triviales; nulle trace d’une expression qui traduise un sentiment vrai. C’est donc à peine si le génie chrétien se montre encore dans cet ouvrage.
On peut en dire autant d’un autre ouvrage qui appartient très vraisemblablement à la seconde moitié de ce siècle, et dont nous voulons parler ici à cause de sa parenté avec ceux qui précédent. C'est le Cento Virgilianus de Proba Faltonia (1). Dans cet ouvrage de mosaïque les faits les plus remarquables de l’Ancien-Testament jusqu'au déluge et ceux du Nouveau jusqu’à l’Ascension, sont rapidement exposés à l’aide de vers hexamètres empruntés aux Géorgiques, aux Eglogues et surtout à l’Enéide de Virgile. Il n’est pas invraisemblable que l’auteur ne soit l'épouse (2) de Sextus Anicius Petronius Probus, cette femme célébrée par un Claudienet par un saint Jérôme, et dont le mari, fameux par sa richesse et estimé pour sa culture intéllectuelle, occupa les positions les plus élevées sous Valentinien [” et sous ses successeurs. Elle compose l'Opuscule, qui compte plus de sept cents hexamètres (3), d'abord pour ses enfants; elle le dit elle-même dans son prologue (v. 12). Il est clair qu'il était destiné à être appris par cœur; il devait réunir ainsi l'avantage de la forme virgilienne au fond de la doctrine chrétienne. Cette dernière, il est vrai, n'y trouve pas son compile. Le sens est souvent complètement obscur, ou ceux-là seuls peuvent le deviner à qui la Bible est
1. Probæ Falconiæ (sic) Cento Virgilianus historiam veteris et novi testameati complexus, recens. J. H. Kromayer, Halle, 1719; Aschbach, Les Anicius et le poète romain Proba. (Dans les Rapports de l'Ac. philos. histor. de Vienne, vol. LXIV, 1870 )
2. Ce qui le semble confirmer, c’est que la donnée de saint Isidore, Script. eccles.. c.5, peut s'entendre en ce sens, en admettant, bien entendu, une erreur facile à commettre du reste et qui consiste à faire de cette Proba l'épouse d’Adelphius, au lieu d'en faire la fille. V. Aschbach, p. 423.
3. La division en petites parties distinctes, donnée dans plusieurs éditions, et dont le titre indique le contenu et facilite l'intelligence, ne provient pas de Proba. Ces morceaux aïnsi détachés forment plutôt un tout homogène et se rattachant chacun à la division correspondant aux deux Testaments, qui appartient À l'auteur. Je cite néanmoins d'après ces coupures, vu que je me sers de l'éd. de Kromayer, Le premier prologue qu'il reproduit, d’après un manuscrit romain et qui contient une dédicace à l’empereur Honorius, n’est pas l'œuvre de Proba.