Ep. 39, Ad Paulam, c
plus chers. Ce Jovinien avait condamné, dans une brochure, les exagérations de L'ascétisme ei avait obtenu surtout à Rome
l'approbation de beaucoup de personnes compétentes. Saint Jérôme écrivit aussi contre Yigilanlius, prêtre de Barcelone, qui attaqua, lui aussi, les mérites de la vie ascétique et s'éleva en même temps contre le culte à demi païen des martyrs (i) et la foi en l'efficacité de leur intercession. L'orthodoxie de saint Jérôme était ici le produit de ses propres idées et de son intime conviction. Dans ses querelles sur Origène, au contraire, querelles qui donnèrent naissance à ses écrits polémiques les plus acerbes contre Rufin, son ami de jeunesse, il se mit en contradiction avec son propre passé et renonça, en faveur des autorités ecclésiastiques, aux investigations libres et indépendantes. Ce fut là aussi la considération principale qui le porta à combattre Pelage. Le principe d'autorité du catholicisme n'a pas trouvé de représentant plus zélé que saint Jérôme et c'est là le résultat immédiat de la faiblesse de son esprit spéculatif joint à la force de son ambition. Les Pélagiens répliquèrent vivement à son attaque. Une bande d'entre eux, dans les rangs de laquelle se trouvaient des moines et des clercs, envahit le cloître de saint Jérôme, y mit le feu et en maltraita les habitants, hommes et femmes. Saint Jérôme luimême ne dut son salut qu'à la fuite (416). Le séjour paisible de Bethléem fut, de plus, troublé par des incursions de hordes barbares, dans les dernières années de ce vieillard, si bien doué par la nature. Il ne laissa pas néanmoins de travailler sans relâche jusqu'à la maladie qui l'emporta : il mourut le 30 septembre de l'an 420.
Saint Jérôme a laissé une foule d'écrits. Une grande partie se rattache directement au domaine de la littérature générale, tandis que plusieurs autres ne s'en rapprochent que d'une manière plus ou moins indirecte. Les premiers, qui provoquent surtout ici notre intérêt, peuvent se distribuer en trois catégories: les lettres, les vies de saints, les écrits historiques.
Les lettres, dont saint Jérôme édita lui-même plusieurs
1. C'est ainsi qu'il l'appelle lui-même. Voy. saint Jérôme, Contra Vigil., c. 4 (éd. Vallars. II, p. 390).