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nouvelle de la vie des anachorètes et des moines de l'Orient. Mais Melanie, fille d'un consul, s'y était déjà rendue en pèlerinage. Paula enfin, qui comptait les Scipions parmi ses aïeux maternels, vivait plus encore dans le service du Christ avec ses filles Blésillaet Eustochium. liest facile de concevoir avec quelle joie saint Jérôme, le savant éininent, le conseiller du Pape, qui avait lui-même mené la vie d'anachorète, et en avait été l'apôtre par sa lettre à Héliodore, fut accueilli dans ces cercles : il y avait là non seulement des femmes enthousiastes, mais des femmes d'une haute éducation; elles ne se bornaient pas à lire les Livres Saints avec passion, elles en faisaient encore le sujet de leurs études. Marcella notamment devint l'Egérie de la curie, après le départ de son maître ; on recourait à ses lumières, pour expliquer les passages difficiles de la Bible. Elle fonda près de Rome le premier cloître. Mais nous allons voir qu'une amitié plus étroite encore devait réunir bientôt saint Jérôme à Paula et à sa famille.
Saint Jérôme fit des efforts inouïs pour consolider ces idées de la vie ascétique et pour les répandre. Elles avaient de nombreux et violents adversaires, dans le camp opposé de la société ; c'est ce qui ressort de l'écrit d'Helvidius dont la tendance est de combattre le célibat. Saint Jérôme ne tarda pas à défendre avec la plus grande passion ce principe fondamental de l'ascétisme et de la vie monastique. Mais il ne s'en tint pas à la défense; dans une lettre à Eustochium (ép. 22;, sorte de petit livre sur la garde de la virginité (Libellus de custodia virginitatis), il composa surtout en vue des femmes, un manuel de la vie ascétique. C'est là qu'il poursuit de sa polémique mordante la société mondaine des chrétiens qui ne sont chrétiens que de nom, sans même en excepter les clercs. Cet écrit eut un retentissement considérable. Il provoqua les plus violentes répliques. Saint Jérôme devint le point de mire de toutes les langues acerbes de la ville médisante (maledica civitas), lesquelles ne manquèrent pas de déverser la calomnie sur ses relations avec Paula. L'exaspération contre l'ascétisme et contre lui-même grandit surtout encore et prit une bien plus large extension, lorsque mourut, à la fleur de sa première jeunesse, Blésilla, fille de Paula : l'on ne manqua point d'attrr-
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buer sa morl à des privations el à des mortifications exag
rées(l).
Le Béjour de Rome étail devenu si pénible pour sainl Jérôme, qu'il résolu! de se retirer avec Paula (.'{80 j eu Terre- Sainte. Apre- avoir d'abord parcouru la Palestine, puis L'Egypte, où ils visitèrent les monastères sur les montagnes de M tria, ils se fixèrent à Bethléem (386). Làsaint Jérôme fonda un couvent pour les hommes el Paula un autre pour les femmes; une église commune les réunissait tous deux. Saint Jérôme y donna le premier exemple d'une communauté de moines, où l'un des principaux devoirs était de cultiver la science el la littérature. Cette institution était d'une grande importance à une époque où s'annonçaient déjà les assauts des Barbares, si dangereux pour la culture traditionnelle. Saint Jérôme installa sa bibliothèque dans Le cloître et ne cessa pas de l'augmenter. Non seulement il se livra lui-même à une étude assidue, en prenant de nouveau des leçons d'hébreu chez un Juif, niais il donna lui-même des leçons de théologie aux moines qui, avec le temps, segroupèrenl autour de lui. Il adjoignit même à son couvent une école de garçons, auxquels il enseigna la grammaire et lit expliquer les auteurs classiques, spécialement Virgile et les comiques. C'est là, on peut le dire, que pour la première t'ois ce savant se trouva dans son élément véritable ; lecicéronien parut s'être réconcilié, en lui, avec le chrétien, et les lettres de cette première période de vie monastique respirent l'harmonie de L'âme la plus parfaite.
Il déploya en même temps une grande activité littéraire dans les domaines les plus variés. 11 continua sa revision de la Bible latine, surtout de L'Ancien-Testament, composa différents ouvrages d'exégèse, écrivit des légendes et son livre sur les écrivains illustres, revit des auteurs ecclésiastiques grecs, notamment Origène, dont il s'était précédemment occupé, et composa enlin une série d'écrits polémiques qui eurent pour conséquence la destruction de la paix tant intérieure qu'extérieure de son savant asile. Dans ses livres contre Jovinien, il combattit d'abord en faveur des principes qui lui étaient les