‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 11 sur 353 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

sauvages, pleine d'une énergie sans repos, une nature impériale de l'ancienne Home », le caractérise très bien sans doute, mais d'une manière cependant incomplète; il a oublié en ellel sa sensualité punique : c'était là un héritage do sa patrie, peutêtre même de sa mère ; quoi qu'il en soit, cette sensualité renforçait grandement, che/, lui, le réalisme romain et paralysait entièrement l'hellénisme de la culture romaine.. A cela venait s'ajouter une imagination orientale qui, malgré l'hostilité de cet éminent réaliste pour la philosophie, le faisait pencher vers les spéculations transcendantales. Sa vie fut un combat continuel, un combat contre les autres et un combat contre lui-même. A peine devenu chrétien, il tire le glaive tant contre le paganisme que contre son propre passé, bien qu'il dût, en grande partie, à ce dernier le bénéfice de son éducation. Il combat le paganisme avec l'ardeur enthousiaste d'un converti, et dans sa haine contre le vieil homme qu'il vient de dépouiller, il rejette, non seulement la religion et l'état païens, mais aussi la philosophie, l'art et la littérature. Celte contradiction devient plus grande encore et plus accentuée parle combat qu'il livre contre la gnose, basée sur le dualisme païen : bien plus, ce combat lui fournit l'occasion de passer au montanisme, autre extrême de la religion chrétienne, entièrement opposé à la gnose; l'un en effet s'est développé sur une base hellénique, et l'autre sur une base juive. Devenu montaniste, Tertullien n'en est que plus hostile à l'hellénisme; et comme il s'engage, en même temps, par ses attaques contre l'Eglise catholique, dans une nouvelle lutte et une contradiction nouvelle, il se trouve obligé de faire front de deux côtés. C'était tomber une fois de plus en opposition avec son propre passe ; car, plus que personne, il avait combattu l'hérésie avec grand succès et donné à l'Eglise chrétienne, dans le principe de la tradition, une arme invincible contre toutes les sectes. Mais c'est dans le montanisme seulement que l'originalité de sa nature atteint son développement le plus complet, et il faut bien le dire, le plus extrême. Son réalisme en effet apparaît ici poussé aux dernières limites ; aussi arrive-t-il parfois qu'on ne le distingue pas sans peine du matérialisme; témoin cette phrase : Nihil est incorporelle nisi qaod non est, car omne quod est, corpus est

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