‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 133 sur 353 · PERISTKPHANOK -ST · texte numérisé non relu

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vers I«- ciel, e1 ils se sont portés sur Le tableau <lu saint martyr. Là, il a vu Cassien couvert de mille blessures, et l'épiderme de tous 1»"- mbrea déchiré par des piqûres légères. Il était entouré d'une grande multitude d'enfants, qui le perçaient avec de petits Btylets, tels que cens dont on se servait pour écrire 8ur des tablettes enduites de cire. Le sacris tain raconte ensuite la légende au poète: Cassien était un maître d'école et enseignait surtout aux enfants la sténographie. Ses élèves ne l'aimaient pas : c'est là. hélas) en général, le partage du maître d'école. <>r, La persécution chrétienne vint à s'étendre jusqu'à lui. Le juge, apprenant son état, le condamne à mourir de la main de ses élèves. Suit une peinture vivante de cette mort du martyr : ces jeunes imberbes, la soif de la vengeance dans L'âme elle stylet à la main, fonl payer, comme ils disent, à leur maître lié et dépouillé de vêtements, les mille et mille notes qu'ils ont dû apprendre les larmes aux veux. Alors le poète implora le saint, le priant de lui accorder un bon voyage et un heureux retour. Sa prière fut exaucée, et voilà pourquoi il chante maintenant sa gloire dans cette hymne : elle est écrite en cinquante-trois distiques, comprenant un hexamètre et un trimèlre iambique. L'autre hymne, la onzième, écrite aussi en distiques, mais en distiques ordinaires et formant un pendant à la précédente, célèbre saint Hippolyte, évêque de Portus. Ce poème a la forme d'une lettre adressée à Valerien, évêque espagnol. Prudence y raconte la visite qu'il a laite pendant son séjour à Home, aux tombeaux innombrables des martyrs, dont plusieurs portent des noms ou des inscriptions. Il a vu aussi celui d'Hippolyte surmonté d'un tableau représentant son martyre : et c'est d'après cette peinture que Prudence compose son récit. Hippolyte dut à son nom d'être mis à mort traîné sur dis chevaux indomptés; mais, ses restes épars — et c'est là surtout ce qu'on voyait dans le tableau — furent recueillis avec soin par ses amis qui avec des éponges effacèrent même les taches du sang, sur les broussailles et surle sol. Cette hymne, remarquable par la richesse du coloris, offre de plus une description exacte des catacombes, en particulier de la chapelle sépulcrale de saint Hippolyte : elle nous montre la foule des

lidèles qui se rendent de toute l'Italie auprès du tombeau du saint, au jour de sa fêle. Ils visitent aussi le temple qui l'avoisine : c'est la basilique de Saint-Laurent que le poète décrit ici encore. En terminant, il exhorte i'évèque à introduire, parmi les fêtes annuelles de son église, le jour de la mort de saint Hippolyte, vu que ce martyr est si puissant dans le ciel, ainsi qu'il Ta appris lui-même.

L'hymne douzième, qui fut peut-être composée à Rome(l), semble avoir plusieurs liens de parenté avec celle de saint Hippolyte. C'est la Passio Pétri et Pauli composée en l'honneur de la fête du prince des Apôtres et comprenant soixante-six vers dans le quatrième mètre d'Archiloque. L'hymne est écrite sous la forme d'un discours, prononcé par un Romain, ami du poète. Prudence lui demande ce qui se passe de si cxtraordiuaire, que Rome sépare do ses habits de fête. L'ami lui donne la réponse. Cette hymne ne contient que quelques mots sur la mort des deux apôtres, mais elle offre en revanche une description d'autant plus détaillée de leurs tombeaux : elle ne présente donc pas un moindre intérêt que la précédente (2), au point de vue ecclésiastique et archéologique. L'hymne treizième, par contre (cent six vers archiloquiens), a un intérêt historique et littéraire; elle célèbre saint Cyprien et exalte son éloquence, comme je l'ai fait remarquer plus haut, dans un langage plein de beauté et de justesse. Mais, dans l'esquisse de sa vie et de sa mort, le poète a mêlé des traditions étrangères à saint Cyprien ou qui du moins ne sont pas historiques (3). — L'hymne quatorzième et dernière, consacrée à sainte Agnès, nous ramène à Rome. Le poète nous dit, dès le début, que, dans cette ville, se trouve le tombeau de la célèbre martyre, et il insinue quel en peut être l'emplacement. C'est certainement à Rome qu'a pris naissance ce poème, car le poète, en la priant de purifier son âme et en nous disant que la sainte ne protège pas seulement les Quintes mais encore les étrangers [advenae) qui l'implorent avec

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