Op. c
iS TEiuTLi.ii.N [36, 37. J
polémiques, et c'est par eux queTerlullien enlre dans la lice: de là, une excellente raison pour Les mettre au premier rang. — 2° Ceux qui sont consacrés à la morale chrétienne et à la discipline ccclésiastiqne et qui, par conséquent, ont pour but L'éducation religieuse soit des chrétiens, soit de la communauté. — 3U Les écrits polémico-dogmatiques, composés contre les hérétiques, les juifs et, si l'on se place à son point de vue montaniste, contre l'Eglise catholique elle-même. De ces trois classes, la première appartient complètement au cadre de notre étude, la seconde s'y rattache en grande partie ; etla troisième n'y rentre presque pas. Mais dans les trois classes, il faut distinguer les écrits purement monlanistcs de ceux qui ne le sont point, et comme ils ont un caractère moins universel, ils ne méritent pas de trouver ici la même considération.
Dans les ouvrages de la première classe qui doivent nous intéresser le plus, j'ose même dire, entre tous les ouvrages de Tertullien, il en est un qui, au point de vue littéraire, occupe la première place et qui est du même coup un des premiers écrits parmi ceux qui nous soient restés de cet auteur: j'ai nommé Y Apologétique (Apologeticum). L'éloquence de Tertullien s'y montre sous les couleurs les plus riches et les plus brillantes : mais il faut bien dire que les faiblesses et les défauts de l'écrivain s'y révèlent aussi clans tout leur jour, ce qui s'explique d'autant mieux que cet ouvrage a été, pour ainsi parler, lancé à la hâte, dans un assaut d'enthousiasme et dans la nécessité du moment. L' Apologétique est un plaidoyer adressé aux gouverneurs de l'empire romain (les Prœsides) et tout d'abord, cela se conçoit, à celui de l'Afrique, en faveur des chrétiens. Il devait tenir lieu de la défense de vive voix qu'on ne pouvait faire entendre devant le tribunal, et il fut composé vraisemblablement pendant l'été de 197 (1), à une époque de persécution violente contre le christianisme. Cette brochure (tel est le nom qui convient à ce travail, quoique la broclaire soit relativement considérable), se distingue de toutes les autres apologies similaires, tant latines que grecques, par son caractère juridique et politique : c'est en cela que réside