Y. GO; cf. aussi XIV, surtout le v. 55 sq
:>. De Sirroç et v/r, en vue des deux Testaments d'où le sujet était pris. Le litre Diptychon, qui se trouve dans deux manuscrits du xvi" Biècle (d'après Dressel, p. 170), ne parait être qu'une conjecture savante flu siècle des Humanistes. Vouloir expliquer Dittochaeon comme une faute d'écriture pour Diptychon, semble une entreprise malheurei.
dons. Dans son Cathemerinon, il imprime à l'hymne ambroisienne, le caractère de l'ode chrétienne, en la tirant du domaine purement liturgique, pour en faire un produit de l'esthétique et de l'art; son hymne perdait quelque chose sans doute, sous le rapport de la popularité et du chant, mais elle devenait un produit artistique d'un genre indépendant et spécial. Dans son Peristephano?i, il créa en partie des poésies lyrico-épiques, qui montrent un genre artistique inconnu à l'antiquité, tout nouveau par conséquent, qui va être reproduit dans la poésie populaire du moyen âge et qui survit encore dans la poésie artistique moderne. C'est là que Prudence s'affirme surtout comme écrivain original. D'autre part, il ne montre pas une moindre variété dans ses poésies polémico-didactiquea; les deux premiers poèmes seuls ont un style uniforme. Quoi qu'il ait eu pour les écrire, comme pour les livres contre Symmaque, des modèles en prose, il s'y meut néanmoins avec plus ou moins de liberté créatrice. Mais la Psychomachie est à son tour une création tout originale qui livre au moyen âge une nouvelle forme artistique. Combien après cela le païen Claudiem, son contemporain, est réduit à un rôle inférieur, si l'on considère cette originalité de Prudence ! Et pourtant, il l'emporte beaucoup par la grâce et la pureté de l'expression et du mètre, sur le poète chrétien.
Dans les œuvres de Prudence nous voyons apparaître une poésie absolument chrétienne, non seulement dans les idées chrétiennes qu'elle reflète, mais encore dans l'interprétation et l'emploi du phénomène sensible comme symbole de la pensée, et aussi dans l'expression plus immédiate et plus riche de l'âme. Mais cette production chrétienne repose sur une base nationale et romaine : nous avons eu l'occasion de faire déjà cette remarque, en parlant des Apologistes. Malgré son christianisme, Prudence resta lui-même un patriote romain et conserva toujours un sentiment très vif pour la grandeur de l'immortelle Rome, que le christianisme ne devait que rajeunir ; dans sa poésie, c'est le Romain qui parle tout autant que le chrétien. Son Hamartigénie , où la pensée la plus abstraite sait se revêtir souvent d'une forme vraiment poétique, nous rappelle l'ouvrage classique de Lucrèce. Le génie romain se
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mouvait à l'aise dans m champ de la poésie didactique ; c'était Bon domaine : c'esl là que Rome a cueilli ses lauriers 1rs plus beaux ol les plus appropriés a sa nature. J'ai déjà fait remarquer plus liaui combien ce côté instructif el moralisateur de la poésie hymnique chrétienne-latine était propre à l'esprit romain, el combien il nous rappelle un côté Bemblable de l'ode chez Horace ; j'ai «lit aussi que l'allégorie aime à si; montrer même dans l'ait romano-païen. .Mais c'esl surtout dans l'influence de l'éloquence que le caractère national et romain de la poésie de Prudence se révèle dans tout s, m jour : cette influence se manifeste avec ses bonnes comme avec ses mauvaises qualités. Quelques beaux passages, surtout dansleslivres contre Symmaquc, où l'éloquence est si bien à sa place, nous rappellent la puissance oratoire d'un Cicéron, d'un Tite-Live, d'un Virgile. Je cite aussi Virgile, car la poésie latine et spécialement l'époj celle de Virgile ou celle île Lucain, l'épopée mythique comme l'épopée historique, est en partie l'œuvre de l'éloquence. .Mais L'éloquence s'affirme encore, chez Prudence, sous la forme d'une rhétorique verbeuse : nous le constatons pour maintes longues harangues enclavées dans le Peristephanon. A la place d'une diction poétique, nous voyons assez souvent apparaître une longue suite de mots, qui n'attestent que de l'art et de la rhétorique. — D'autre part, dans cette poésie chrétienne se maintient encore le génie classique en général par la force de la démonstration concrète et celle de la peinture plastique ou pittoresque. 11 n'y manque que la pureté du st\ le artistique et la finesse du goût : or, c'est surtout dans la description détaillée des tortures et des souffrances des martyrs que se manifeste cette absence ; aussi l'avons-nous blâmée plus haut. .Mais cette crudité qu'on y remarque ue doit nullement être mise au compte du christianisme qui aurait seul exercé une influence délétère sur l'esthétique : il faul plutôt l'attribuer, el cela dans une part au moins égale, à la nature romaine, chez qui tout l'hellénisme n'avait pu parvenir à faire disparaître une certaine rudesse, une certaine férocité. qui semblait innée en elle. Qu'on lente de comparer seulement les tragédies de Sénèque : encore, la reproduction matériellement lidèle de scènes écœurantes n'a-t-elle pas même là les