‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 158 sur 353 · ODE l Wld rAS, EPI m LLAME, in :! · texte numérisé non relu

ODE l Wld rAS, EPI m LLAME, in :!

Paulin : néanmoins, ces poèmes ont un fond intéressant 6 plusieurs points de vue, et, sous le rapport de la ion m • du moins, ils ix- soiii pas indignes d'un élève d'Ausone. C'est d'abord nue pièce de trois cent quarante vers, au mètre sapphique adressée Sicétas, évèque de la Dacie, que Paulin avail en grande es time. Il la composa lorsque cet évêque, après avoir visité, en .T.»s, Noie, qui n'était pas moins célèbre à cette époque parsaint Paulin lui-même que par saint Félix, s'apprêtait à regagner -.m évêché. Dans ce chant d'adieu, Paulin décrit non seulemenl toute la route qui <loii ramener Ni ce tas dans Bes foyers, mais encore toute l'étendue du grand diocèse do cet évêque missionnaire, ainsi qu'on peut l'appeler, et, de plus, les travaux pleins de bénédictions qu'il opère au delà du Danube parmi les païens barbares, les Gètes, les Bosses et les Scythes. Il nous dit comment, dans ces pays rhiphéens couverts de glace, il a fait fondre les cœurs froids, eux aussi, comme la glace, en sorti' que. sur ces montagnes impraticables, on trouve, au lieu de brigands, des moines, messagers de paix, et que le brigand lui-même devient la proie des saints (1). Non seulement le christianisme civilise les Barbares, mais il les réconcilie avec Rome : « C'est par toi, dil le poète, que les Barbares apprennent à chanter le Christ avec des cœurs romains; c'est par toi qu'ils vivent dans une douce paix, en sorte que le loup a pefdu sa férocité pour ton troupeau et qu'on voit paître en paix le bœuf à côté du lion (2). C'est ainsi, en effet, que la romanisation, c'est-à-dire la propagation de la civilisation romaine, marchait de pair avec le christ ianisme !

1 . Quaque rhiphaeis Boreas in oris Alligat densis Quvios pruinis, Hic gelu mentes rigidas superno

[gne resolvis.

Nam sinuil terris animisque «luri, El sua Bessi nive duriores, Nunc oves facti duce te gregantur

Pacis in aulam. etc. \ . 201 sq.

2. Orbis in muta regione per te Bsxbari discunt resonare Christum Corde Romano, placidamque casti (sic)

Vrvere pacem. V. 261 sq.

330 saint pàulïn 295-6.

L'épithalamo quo Paulin composa, vors la même époque, i l'occasion du mariage d'un fils de l'évêque de Capoue qui était clerc lui-même (lecteur), n'estpas moins intéressant, au point de vue de la civilisation. Cet Epithalamhim Juliani et Jae forme un pendant chrétien remarquable aux épithalames païens, tels qu'ils étaient alors à la mode. Ces derniers excitaient le plus souvent les jouissances des sens, et étaient écrits dans une forme chargée et luxuriante ; celui de saint Paulin, au contraire, écrit dans un style simple et digne, respire la chasteté et invite même, s'il est possible, cà vaincre la chair (1) en s'appuyant sur l'union du Christ avec l'Église ; la solennité du mariage elle-même, doit montrer une joie sérieuse au lieu de devenir un plaisir sauvage. Les épithalames païens célèbrent la parure et la magnificence des vêtements et des bijoux de la fiancée ; celui-ci exhorte à mépriser ces futilités ; la fiancée doit plutôt orner son âme de vertus (2). Ce poème, écrit en distiques et comprenant deux cent quarante vers, se termine par quatre pentamètres. — Nous avons également de saint Paulin un autre poème d'occasion, qui ne compte pas moins de six cent trente vers. Il y console des parents, ses alliés à lui, de la mort d'un de leurs tils, Celsus, en s'appuyant sur la résurrection que le Christ nous a promise. Ce poème diffus a pourtant, vers la fin, un élan tout lyrique, quand le poète parle de la mort de son jeune fils qui portait le même nom (v. 599. sq.). — Une épitre de saint Paulin à Cythérius, comprenant neuf cent quarante-deux iambes, dans laquelle le trimètre et le dimètre alternent, nous offre, par contre, un intérêt plus général. Le poète y fait le récit du voyage plein d'aventures qu'un certain Martianus, que lui avait recommandé le destinataire de la lettre, avait fait de la Gaule à Noie ; il peint surtout son naufrage et il ajoute à son tableau (v. 495 sq.) des conseils relatifs à l'éducation spiri-

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