SAINT PROSPER
Nous passons maintenant à l'étude des productions littéraires de cette période et, on premier lieu, à l'étude de celles de sa première époque. Nous pouvons, du moins, en général, séparer la poésie de la prose, car il arrive rarement de rencontrer un auteur qui ait acquis, dans les deux domaines à la fois, une célébrité littéraire. Nous commençons par la poésie, qui, à la vérité, ne se meut pas en dehors de la sphère ouverte dans la période précédente, mais qui offre néanmoins quelques ouvrages assez originaux. A la tète des poètes se présente, dans Tordre chronologique, un auteur qui a plus écrit en prose qu'en vers, mais dont les ouvrages en prose, à l'exception d'un seul, n'ont ici aucun intérêt pour nous. Quelque prosaïque que fût sa nature, ce n'est pourtant que dans ses productions poétiques qu'il a réussi à montrer une certaine originalité. C'est S. Prospek d'Aquitaine (1). Par lui, cette période se rattache vraiment h la période précédente. Zélé partisan et élève de saint Augustin, c'est-à-dire instruit par ses écrits (2), il poursuivit avec passion la lutte de ce Père de l'Eglise contre le pélagïanisme. Il chercha à découvrir cette erreur dans l'opinion intermédiaire qui prévalait alors dans le sud de la Gaule sur les rapports entre la grâce et le libre arbitre ; il tourna ses armes contre un homme donc l'influence était fort considé-
1. Sancti Prosperi Aquitani opéra omnia ad mss. codd., nec non ad edit. antiquiores et castigatiores emendata, etc. Paris, 1711. In-fol (édité par Le Brun et Mangeaut). — Prosperi Aquitani de gratia Bei et libero arbitrio hominis et praedestinatione sanctorum opéra omnia. Editio v.mendaliss. et variis lectionibus praecipue ex codd. mss. Vatican, curavit P. F. F. (Petrus Franciscus Fogginius). Rome, 1758; ensuite Venise, 1786. — Wiggers, Op., cit. (V. plus haut p. 3i0. Rem. I).
2. Il ne le connaissait pas personnellement. V. le début de sa lettre ad Augustinum.