‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 20 sur 353 · Par exemple ch. 2 et · texte numérisé non relu

Par exemple ch. 2 et

•-'. Qu'on lise, par ex., le passage : << Deus cnini tibi venter est et pulmo templum, et aqualiculus altare, et sacerdos coquus, et sanctus spiritus nidor, et condimenta ebarismata, et ructus prophetia » (c. 16); ou bien : « apud te agape in caccabis fervet, fuies in culinis calot, spes in ferculis. jacet » (c. 17). Là se montre, sous son jour te plus repoussant, le réalisme de Tertullien.

»)() TERTULUEN [53, 54.]

chrétiens; ils devraient donc d'abord prouver ce point. L' <( objection » générale, qui leur défend de prendre pari a ce débat, est la Prœscriptio. Tertuilien, en donnant la tradition apostolique comme critérium de la vérité, posa le premier la base propre du catholicisme, lui qui devait plus tard, comme montaniste, combattre L'Église avec tant d'animosité (I). Il ne met pas moins d'acrimonie à combattre, dans ce livre, la philosophie : il repousse toute spéculation; après l'Evangile, la philosophie n'est plus nécessaire : cum credimus, nihil desideramus ultra credere (c. 7). Pour lui, les pbilosophcs ne sont que les patriarches des hérétiques (2).

A ne considérer que le nombre et la variété de ses écrits, Tertuilien devait exercer une grande influence littéraire, surtout à l'époque des origines de la littérature chrétienne de l'Occident. Cette influence fut d'autant plus remarquable que notre auteur, nous l'avons vu, était un des plus illustres représentants de l'Église militante ; au surplus il écrivit à la veille des plus terribles et des plus générales persécutions du christianisme, lesquelles commencèrent vers le milieu du troisième siècle. A cette époque, le danger n'est pas seulement au dehors; la société chrétienne est encore menacée dans sa vie intime par le relâchement des mœurs et par les aspirations des sectaires. Tertuilien, apologiste, moraliste et polémiste, devint donc un modèle pour les temps à venir; son successeur immédiat, saint Gyprien, qui se montre de tout point son élève, nous fait voir comment ce modèle fut compris.

1. V. sur la signification du livre : Baur, lîist. de l'Egl. des trois premiers siècles, 3° éd., p. 255 et s.

2. Les autres écrits de cette classe sont : « Adversus Marcionem, » libri V; « Adversus Valentinianos » (les deux contre la gnose) ; « De carne Christi » et « De resurrectione carnis » (aussi contre la doctrine gnostique, le premier contre le docétisme) ; « Adv. Hermogenem » (contre la doctrine de l'émanation) ; « De anima »; « Adv. Praxean » (contre le monarchianisme); « Adv. Judœos. »

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