‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 207 sur 353 · Par ex., II, v. 84 s. ... legemquo legendd · texte numérisé non relu

Par ex., II, v. 84 s. ... legemquo legendd

Negligis et régi regum tua régna minaris. De tels passages sont cependant rares. Cf. aussi II, v. 7 s.

I 362-3. I OPUS PA8( ii u.k. r.r.i'i.iA 103

Comparé a Juvencus, notre poète a encore an autre trait particulier qui se rattache à celui dont nous venons de parler : c'esl l'explication mystique dont il accompagné souvenl le texte biblique. C'est ainsi, par exemple, que le nombre quatre, appliqué aux évangélistes, correspond aux quatre saisons; le nombre des douze disciples représente les douze heures du jour el les douze mois I . v. 360 Bq. | ; les trois heures pendant lesquelles, à la morl du Christ, le soleil obscurcil sa lumière, Bont un symbole des trois jours <ju'il resta dans le tombeau \, \. 241 sq l . Sédulius donne aussi une signification mystique au récil qu'il Fail de l'aveugle envoyé par le Sauveur à la piscine de Siloé IV, v, 263 sq.) (2), au voile du Temple qui se déchire V. v. '2~i-\ el s. , à lu pêche de- saint Pierre, racontée au chapitre \\l do saint Jean ( v. 401 sq.) etc. (3).

Sédulius traduisit plus lardon prose ce poème H il appela son nouveau travail Opus paschale, afin de le distinguer du Carmen. Ce fut sur les Instances de Afacédonius que l'auteur iil le dit dans la dédicace), avait entrepris ce nouvel écrit, et ce fut encore à Macédonius qu'il le dédia. Afin de mettre sou ouvrage à l'abri des attaques de ses calomniateurs, lesquels pour" raient bien lui reprocher d'être infidèle à la tradition el d'avoir admis dans la prose des traits qui n'étaient pas dans le poème, Sédulius le place sous le patronage et l'autorité de Macédonius. Il n'a pas changé les faits, dit-il; il les a simplement présentés sous une forme plus complète. Le deuxième ou-

I. [Lux) Non absens mansura diu, sed mystica signana Per spatium sécréta suum ; quippe ut tribus horis Coeca tenebrosi latuerunt sidéra coeli, Sic Dominus clausi triduo tulil antra sepulcri. '2. ... Coirnoscite cuncli,

Mystica quid doceant animos miracula nostro :t. Faisons encore remarquer le passage suivant, relatif à lu forme de la croix (V, v. 188 sq.) :

Neve quis ignoret, speciem cru colendam,

Quae Dominum portavit ovans, ratione potenti Quattuor inde plagas quadrali colligit orbis. Splendidus auctoris tir vertice fulgel Eous, Occ'uluo sacrae lambuntur sidère plantai', Arcton deztra tenet, medium laeva erigit axera.

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vrago forme une sorle de complément du premier. C'est, en effet, par ces additions seulement que les deux ouvrages se distinguent l'un de l'autre : le Carmen, par exemple, se contente d'indiquer parfois des passages de la Bible, surtout ceux de l'Ancien Testament, tandis que VOpus les reproduit intégralement, en sorte que le dernier peut çà et là servir d'explication au premier. Le deuxième ouvrage de Sédulius emploie, ailleurs aussi, dans les passages principaux, les termes mêmes de la Bible, et par là il revêt un caractère ecclésiastique. La prose, qui devrait, semble-t-il, être poétique, est écrite en un style maniéré et pompeux, qui contraste singulièrement avec celui du poème : celui-ci se distingue en général par une diction facile, simple, qui lui valut l'estime non pas seulement des poètes de l'époque suivante, d'un Venantius Fortunatus, d'un Aldhelme et d'un Bède, mais celle aussi des poètes de l'époque de Charlemagne, et même, plus tard, celle des Humanistes.

Nous avons encore deux poèmes de Sédulius : l'un est une élégie [Eleqia) de cinquante-cinq distiques qui nous offrent tous les raflinements de l'épanalepse; on doit même dire que c'est par amour pour ce jeu d'esprit que le poème a été composé.

Il a pour sujet les louanges du Christ et contient, en grande partie du moins, des faits de l'Ancien Testament que le poète met dans une relation typique avec des faits de la nouvelle Alliance; ce travail convenait précisément à l'Epanalepse (1). C'est ce qui a fait donner à cet ouvrage le titre de Collatio ve~ teris et novi Testamenti. Il va sans dire que la justesse et la clarté d'expression sont sacrifiées fréquemment à ce jeu de la versification. Sans valeur quelconque, et surtout sans valeur poétique, ce poème est pourtant intéressant pour les connaissances typologiques. Celui qui suit a plus de valeur poétique ; il est intéressant même au point de vue de l'histoire littéraire.

C'est une hymne-abécédaire en l'honneur du Christ, et dans

1. Voici, comme exemple, un des meilleurs distiques, v. 7 et s. Sola fuit mulier, patu.it qua janua leto : Et qua vita redit, sola fuit mulier.

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la forme de L'hymne ambroisienne. La première lettre '1rs strophes correspond à L'ordre alphabétique, comme dans le

psau de sain I Augustin (v. plus haut p. 27 h. L'alphabet v

étant au complet, l'hj mne comprend doue vingt-trois strophes de quatre lignes, dans lesquelles le poète chante brièvement les actions principales de La vie «In Sauveur. L'expression en •■si simple sans être commune, et maint passage respire les sentiments intimes du poète. Aussi L'Église B'est-elle < 1 *'* j ;"i de h. unie heure approprié certaines parties de cette hymne pour s'en servir dans ses offices : par exemple, les sept premières strophes (de A à (i comme chant de Noël, et les strophes huit, neuf, onze et treize (H, I, L, N) comme chant de L'Epiphanie (1). (leite hymne est encore plus remarquable au point de vue du vers qu'au point de vue du style et de la matière qu'elle traite. Comparée à celles de saint Ambroise, comme à celles de Prudence, elle nous montre, en certains traits, une différence très significative. Dans l'une comme dans les autres, il est vrai, la quantité des syllabes est rigoureusement observée; c"esl à peine si une seule fois on y voit une brève rehaussée par VArsis; le spondée lui-même, si l'on en excepte un nom propre, ne se montre pas au deuxième pied; une fois, par contre (v. 17), nous voyons poindre l'hiatus. Mais ce qu'il y a de plus important, c'est que la lutte entre l'accent grammatical et l'accent du vers est bien moins fréquente ici que dans saint Ambroise ; (die est même régulièrement absente dans l'intérieur du vers, aux deuxième et troisième pieds; deux strophes entières même (H et L) n'oll'rent nulle trace de cette lutte. Et, ce qu'il ne faut pas perdre de vue, cela a Lieu dans un poète qui, ainsi que le montre le Carmen paschale, a été àlameilleure école et s'est fait connaître comme artiste dans le sens classique. C'est encore un fait bien digne de remarque de voir la rime apparaître si fréquemment dans cette hymne qu'on doit La considérer comme un moyen artificiel intimement Lié avec cette particularité populaire dont nous venons de parler, et qui

1. V. Daniel, Thés, hymnolog., I, p. ttô sq. On observa également le même procédé à l'égard de Prudence : V. plus haut, p. 270. On trouve l'hymne de Sédulius dans Du Méril, Poésies popitl. lat. antér. au douzième sicole, p. 142 sq.

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sc manifeste dans la persistance de l'accenl grammatical (1). On ne peut pas plus dire que la rime soit ici accidentelle et un simple fait du hasard, qu'elle n'est le résultat d'un travail fait dans l'esprit, de l'antique poésie artificielle : elle apparaît plutôt ici connue un élément musical, qui contribue à la beauté du rythme et qui, tout en renforçant .l'élévation de la syllabe iinale du vers, en porte et marque le mètre. Elle offre donc une compensation à la lutte de moins en moins fréquente entre l'accent du vers et celui du mot. Par là, nous voyons déjà indiquée la marche que prendra dans la suite le développement métrique : ce genre de poésie, qui a son point do départ dans la poésie artistique et quantitative de l'anliquité, se développera sous l'influence do l'accent qui, dans la langue du peuple, triomphe complètement de la quantité, et sous celle de la composition musicale, qui s'émancipe du mètre de plus en plus. C'est également une chose digne de remarque que d'ohscrver comment, dans cette hymne, se montrent déjà, sans que l'intention du poète y soit pour rien, les genres de rime les plus variés : on y voit régner, d'une manière absolue, les genres les plus simples et les plus populaires, c'est-à-dire la rime accouplée à une autre rime ou bien la strophe monorime. A côté de la rime pleine, se trouve également la rime de la simple voyelle (assonance) ; cette dernière était alors fréquemment, dans la prononciation du peuple, une rime pleine, vu que plusieurs consonnes finales étaient devenues muettes (2).

Mais ce qui donne, sous tous ces rapports, une très grande valeur à cette hymne, c'est que le nom de son auteur du moins lui assure une date certaine : d'après ce qui précède, il faudrait en reporter la composition au commencement de la deuxième moitié ou bien dans le deuxième tiers du ve siècle,

1. Ce phénomène est d'autant plus facile à expliquer dans uu poète qui, nous l'avons vu plus haut, p. 402, avait déjà un attrait tout particulier pour la rime.

2. Ce procédé semble avoir été plus favorable à la strophe monorime : telles sont les strophes A, C, K, L, P, R, Y, Z. (A et Y ne sont que monorimes, parce que m final était alors sûrement muet). La strophe H nous offre aussi des rimes trissyllabes.

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