‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 216 sur 353 · de m m in · texte numérisé non relu

de m m in

dis (1). La conclusion de ce li\ re o'esl «mi partie qu'une reproduction de la conclusion du premier. Mais l'idée de ce livre, idée qui relie le récil au grand ouvrage, est la suivante: la grâce de Dieu exige que nous lui donnions un amour sans réserve, se manifestant dans une foi inébranlable, dans une ferme confiance en lui : ce sont là les arrhes d'un bonheur, terrestre c'esl possible, mais immanquablement céleste.

Le poète cherche donc, dans tout son ouvrage, à se consoler de sa position désespérée, et ce n'est que sa personnalité qui donne à l'ouvrage une pleine el entière unité. Le lyrisme mêlé à un récit didactique donnait à ces vers un caractère tout spécial; c'est dans les débuts et les finales des livres, où le poète apostrophe la divinité, que ce lyrisme se manifeste -dans toute sa pureté. .Mais le gros public de cette époque devait avoir peu d'intelligence et trouver peu d'intérêt pour ce genre d'originalité; on ne saurait nier d'antre pari que dans cette poésie on ne perde souvent de vue le fil de la narration qui -;arc dans des digressions cl des épisodes, notamment au livre deuxième : de plus, les doléances, les prières du poète, reproduites parfois presque littéralement, unissent par fatiguer le lecteur. La publication à part de L'histoire de la création du monde et de la chute des premiers parents s'explique par là d'une manière tonte naturelle; on y avait joint, il est vrai, la finale toute subjective, en sorte que cet Hexaméron comprenait le premier livre tout entier, à partir du vers 116. (leite publication avait eu lieu avant L'époque de saint Isidore, qui ne connaît de Dracontius qu'un Hexaëmeroncreationismundi, composé en vers héroïques (2). Sur le désir de Chindaswinth, roi des Visigoths (642-49), Eugène II, évèque de Tolède et littérateur infatigable, comme nous le verrons plus loin, publia, vers l'an 40 du vir siècle, une nouvelle édition de cet ouvrage qu'il lit suivre de celui qui porte pour titre salisfac-

1. Ce passage montre bien que l'ouvrage prenait fin à cet endroit; il ne laisse pas supposer que d'autres livres soient perdus. Il nous rappelle la conclusion de l' Hamartigenia, avec cette différence toutefois que Prudence est plus humble dans sa demande.

2. De vir illustr., c. 21 : « Dracontius composuil beroicis versibus Hexaëmeron creationis mundi, et lucûlenler quod composuit scripsit. »

418 DRACONTIÜS [376.

tio\ c'est dans la préface de l'éditeur que nous trouvons ci renseignements (I). Celle édition reproduit les deux ouvrages tronqués, car Eugène lui-même soumit l'élégie à une censure non seulement esthétique, mais même théologique, peut-être même aune correction conforme à la politique (2), et pourtant elle se répandit seule, à ce qu'il parait, bien plus que ne l'avait fait la première, en sorte que c'est surtout par elle que ces œuvres de Dracontius sont passées aux temps modernes (3). Ce n'est qu'après la découverte du manuscrit du Vatican, qu'Arévalo en a restitué le texte dans une édition nouvelle.

1 . Draconlii Hexaèmeron ab Eugenio II, episc. Toletano, emendatum ejusdemque elegia, etc.,denuo éd. ac nolis illustr. J.B. Carpsov. Helmstadt, 17U4.

2. C'est ce qu'il indique lui-même dans la préface : « Dracontii cujusdam libellos, multis videns erroribus involutos... subcorrexi : hoc videlicet moderamine custodito, quo siiperfliia demerem, semiplena supplerem, fracta constabilirem et crebro repelila mutarem, » etc. Par le terme libellos, il entend à coup sûr l' Hexameron et l'élégie; mais la comparaison qu'on peut en l'aire avec l'édition d'Arévalo montre, suivant la remarque de ce dernier lui-même, que ces promesses d'Eugène ne se rapportent à peu près qu'à l'élégie : le texte de Y Hexaméronne, présente que peu de changements et sans importance ; sans compter qu'il ne commence qu'au v. Il6 du livre premier, il ne manque que quatre vers du dernier livre. Dans l'élégie, au contraire, Eugène a omis beaucoup de vers, la plupart sans doute lui paraissant superflui ; mais il en omet quelques-uns aussi par prudence, tels sont ceux qui ont trait aux rois des Vandales, et qu'il omet par des considérations politiques, ainsi que le croit Arévalo, vu que la louange des Vandales ariens n'était pas de nature à plaire au roi catholique des Visigoths contre lesquels ils avaient eu à combattre autrefois ; il est enfin également possible qu'il les ait omis faute de les comprendre. Sa conscience d'évêque lui a l'ait remanier des passages scabreux et ajouter en retour quelques vers, ainsi que l'a très bien montré Arévalo, à la page 92 et sq. de ses Prolégomènes.

3. C'est sûrement le cas pour l'élégie éditée d'abord par Sirmond. Quant à Y Hexameron, au contraire, on est encore à se demander si -la première édition de Morel, base de toutes celles qui la suivirent jusqu'à Sirmond (v. Arévalo, Prolegg., p. 46), repose sur celle d'Eugène, qui serait en ce cas parvenue dans un manuscrit incomplet, ou bien sur un autre manuscrit.

37IÏ-7.] \l I IMI S I I l'IMI S WIM S I l!l

Page 1