orientiüs
homme ivre. — Le lecteur, continue-t-il, pourra se dire : ces mesures sont vraies, sans doute, mais difficiles à suivre. Grande
est la peine, le poète en convient, mais grande aussi est la récompense : et ne fait-on pas, ajoute-t-il, les sacrifices pour un honneur terrestre ? Faites-en aussi pour mériter le royaume de Dieu, qui vous ménage des récompenses hien différentes, bien plus sublimes. La fin de nos jours arrive à pas de géant : chaque heure nous rapproche de la mort; à chaque heure, le monde décline et se précipite vers sa ruine. Et ici Orientius jette un coup d'œil sur les guerres meurtrières, dont il a luimême été le témoin, guerres où rien ne protégeait de la fureur des Barbares et où « toute la Gaule fumait comme sur un bûcher (1). » Et pourtant, ni la fragilité des biens de la terre, ni le spectacle quotidien de la mort qui arrive souvent d'une manière si inattendue, ne sont capables de faire réfléchir le pécheur au jugement dernier, à ce jour où il recevra les châtiments qu'il mérite. De quelle nature sont ces châtiments? C'est ce qu'il va nous apprendre (p. 38). Pour les uns, ce sont les ténèbres; pour les autres, un feu de soufre; pour d'autres encore, un froid glacial. Ceux-ci seront environnés de serpents, ceux-là tourmentés par des chaînes de fer rouge. Des vers innombrables dévoreront l'athée (2). A la grandeur des crimes sera proportionnée la grandeur des châtiments, et ils commenceront avant le jour du jugement, afin que le retard du jugement n'amène pas un retard dans le supplice (3). — Les justes, par contre, brilleront comme les feux du soleil; des vêtements blancs comme la neige envelopperontleurs membres resplendissants : ce sera là notamment la récompense des ascètes, qui n'ont jamais souillé la blanche robe du baptême