‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 243 sur 353 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ENNODIUS

A la lin de etile époque, nous trouvons un auteur qui représente d'une manière remarquable les deux directions de la littérature, je veux direja littérature chrétienne nouvellement éclose ; rhéteur et évèque, prosateur et poète tout ensemble, cet écrivain est M m. m s Félix Ennodics (2). Il se rattache à Sidoine avec celte différence que, chez lui, l'élément chrétien occupe une bien plus large place. Comme Sidoine, il avait vu le jour dans le sud de la < iaule, probablement à Arles, en 473. De famille noble, mais sans fortune, à ce qu'il parait, il fut accueilli, après la mort de ses parents, dans une famille riche el pieuse, dont il épousa la fille. Ce mariage le délivra des soucis qui jusque-là le rongeaient. Il avait reçu une éducation exclusivement païenne; mais il apprit, dans cette maison, à mieux connaître le christianisme : toutefois il ne s'en laissa pas pénétrer profondément el ne vécut pas en chrétien, ainsi qu'il s'en accuse lui-même dans ses confessions. Les caprices de la fortune le décidèrent à embrasser l'état ecclésiastique : mais ce fut seulement une grave maladie, par laquelle il avait été conduit à deux doigts de la mort, qui opéra en lui une conversion intérieure. Il avait même, dans cette grave conjoncture, fait le vœu de renoncer à la littérature profane. De

1. N» 378. V. en outre n° 91, sq., et a0 37'J [vers en l'honneur delà vraie noix).

2. Magni Ennodii episcopi Ticinensis opéra I. Sirmondus in ordinem digesta )>iu/tisqt<e lotis aucta emendavit ac notis illustrant. Paris, 1611. .)/. /•'. Ennodii opéra omnia, recrus, el conamentario critico instruxit g. Harlel. Wien, 1882 (Corp. script, ecclcs., vol VI.); Fertig, Magnus Felix Ennodius et son époque. Passau, 1855. in-1 [2 dissertations).

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retour à la santé grâce, pense-t-il, ù l'intercession de saint Victor, il écrivit, on actions de grâces, la confession de sa vie passée ( 1 ), et c'est à cet ouvrage que nous devons les notices mentionnées. Il prit pour modèle les Confessions, de sainl Augustin ; on ne saurait en douter quoique son livre ne soit, comparé à celui du Père de l'Eglise, qu'une esquisse bien faible. Quant à l'autre partie de la vie d'Enno&us, nous n'en avons que des renseignements détachés. S'étant consacré avec zèle à l'état ecclésiastique, il fut ordonné diacre à Milan et s'éleva jusque sur le siège épiscopal de Pavie (ïicinum), en 511 ; il dut cette promotion en grande partie à son éducation oratoire qui faisait L'admiration de ses contemporains, éducation que lui et d'autres encore surent admirablement bien tourner à leur profit. Ce qui nous prouve qu'il jouissait d'une grande autorité dans l'Eglise, c'est que le pape Ilormidas le députa deux fois à Gonstantinople, auprès de l'empereur Anastase, afin de tenter une réconciliation avec l'Eglise d'Orient. Sa mission resta sans résultat. Ennodius mourut en

Dans l'esquisse autobiographique, Ennodius nous raconte qu'il s'était tout jeune entièrement consacré à la poésie, c'està-dire à la fabrication des vers, comme il s'exprime lui-même (2) ; il se croyait un talent merveilleux, et, pour lui, la forme était tout. Ce qui nous reste de ses vers est relativement peu de chose, et encore, la plupart sont-ils d'une époque postérieure de sa vie. Ce sont deux livres de poésies (carminà), dont le second ne contient que des épigrammes. Le premier, au contraire, se compose de neuf poèmes, renfermant pour la plupart des poésies d'occasion. Tel est, par exemple, un épithalame : notons encore un carmen en distiques composé pour le grammairien Deutérius et dans lequel ce dernier prie un questeur de lui donner un jardin ; ce n'est là par conséquent qu'une

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