S. FORTUNAT
d'autres personnes pieuses, hommes et femmes. Ils ont tous sans doute un intérêt multiple pour L'histoire de la civilisation; mais ils fönten général l'effet d'un travail poétique purement artificiel, où le cœur du poète n'a point de part. Le plus remarquable de tous est aussi le plus long (1. IV, c. 26) ; il est consacré à une illustre Germaine, à Vilithuta, femme de Dagaulf, laquelle mourut en couches, à l'âge de dix-sept ans, elle et son enfant. Elle était « d'origine barbare, et c'est sa culture qui avait fait d'elle une romaine; » sa jeunesse, sa beauté, sa culture intellectuelle, sa bienfaisance, le bonheur de son mariage, la triste fin de sa vie, « la mère et l'enfant s'étant donnés mutuellement la mort, » forment autant de points de vue que le poète sait admirablement mettre en relief. Le bien qu'elle faisait aux pauvres, lui a gagné le ciel. Le poète fait ensuite le tableau du bonheur qui lui est réservé dans le paradis. Ah ! que le jugement dernier est différent pour les bons et pour les méchants ; la clarté du feu ne fait que nourrir les premiers, dit le poète, qui termine par des paroles de consolation pour l'époux. Ce poème a déjà tout à fait le caractère d'une lettre de consolation ; sous ce rapport, il ressemble au poème que Saint Fortunat adressa à Chilpéric etFrédégonde, à l'occasion de la mort de leurs enfants Clodobert et Dagobert(l. IX, c. 2). Ce dernier n'offre, au surplus, qu'une longue et fastidieuse versification, sans autre intérêt historique que celui que lui donnent les personnages auxquels il s'adresse. Pour ces deux enfants aussi, notre poète composa des inscriptions tumulaires (1).
Saint Fortunat écrivit encore des épigrammes qui n'étaient pas destinées à des pierres sépulcrales; quelques-unes sont de simples inscriptions (2), et ni les unes, ni les autres n'offrent une valeur particulière. D'autres, parmi ces épigrammes,
1. L. IX, c. 4 (où Clodobert, jeune homme de quinze ans, est appelé caput orbis \) et c. 5. Cf. au reste Grégoire de Tours, Histor. Fr., 1. V, c. 3i.
2. Par ex., 1. VII, c. 24 sur une clé d'argent ; au ch. 25, il s'agissait bien apparemment d'une inscription pour une salle à manger. On y trouve également des épigrammes qui ne sont écrites que comme souvenir; par exemple, 1. VII, c. 27; toutes, en effet, sont des poèmes d'occasion.
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se rattaohenl immédiatement m sa poésie épistolaire. La versi« Gcation étail tellement devenue une seconde nature pourFor-
lunai, qu'il ne pouvait pas s'empêcher de mettre en distiques les billets mêmes les plus prosaïques qu'il écrirait à tous ses amis. C'est sous cet le forme, loul comme nous faisons aujourd'hui par une carte de visite, qu'il recommande des étrangers,
notamment ;t son ami saint Grégoire (1. V, c. IH), ou bien encore deux de ses compatriotes, à des évoques (I. V, C. 21 et