S. FORTUNAT [5H
dimètre iambique, la rime ne se montre que par exception; il est bon de le remarquer. Disons enfin, d'une manière tout
expresse, que, dans tontes ces hymnes, comme aussi dans tous les autres poèmes de Fortunat, la quantité est soigneusrment observée
Il est étonnant de voir que notre poète, malgré le calcul qu'il a montré dans ses hymnes, dans ses élégies et, ailleurs, pour la poésie lyrique, ne se soit essayé qu'une seule fois dans les mètres artistiques des anciens; et il n'a fait alors en réalité qu'un essai; à la prière spéciale de Grégoire de Tours, il composa pour cet évêque un poème en strophes saphiques, dans lequel il se déclare incapable d'écrire en ce g-enre lyrique (1). Mais, par contre, ce poète d'occasion trouvait du plaisir à construire des acrostiches artistiques pour représenter la croix (2) ; il ne dédaignait pas non plus, d'ailleurs, les jeux de la versification (3).
Fortunat a composé, de plus, un grand poème épique qui est compris en dehors des onze livres de ses poésies : c'est la Yie de saint Martin, De vita Martini, en quatre livres et en hexamètres. Suivant le procédé de Paulin de Périgueux, Fortunat a pris pour base de son travail, les ouvrages de Sulpice- Sévère sur saint Martin; dans les deux premiers livres, il s'est appuyé sur la Vie elle-même, et, sur les dialogues, pour les deux autres. Dans le livre I (cinq cent treize vers) il suit la vie