‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 4 sur 353 · DE MINUCIUS FÉLIX JUSQU'AU TEMPS DE CONSTANTIN · texte numérisé non relu

DE MINUCIUS FÉLIX JUSQU'AU TEMPS DE CONSTANTIN

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DE MiMiiis FÉLIX rUSQI \r rEMPS DE CONSTANTIN.

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Si La littérature d'une époque esl toujours dans un rapport intime el réciproque avec la culture intellectuelle de cette même époque, il esl pourtant vrai de dire que celte récipro^ cité varie avec les périodes. Des deux facteurs, en effet, qui concourenl à ce but, c'est tantôt l'un, tantôt l'autre, qui se montre dans toute son activité : ici c'esl la Littérature qui »■si déterminée el modifiée par la culture générale; Là au contraire, c'esl la culture générale qui, sous l'influence de la littérature, reçoit, avec L'impulsion vers une direction nouvelle, h ii développement nouveau, où vient alors «e concentrer l'espril créateur de L'époque ou celui de la nation. De ces deux caractères, L'un, le premier, estcelui de L'époque des origines Littéraires; l'autre, le second, marque au contraire leur âge d'or el c'est celui-là qui caractérise, d'une manière frappante, la première période de La littérature chrétienne-latine. Dans

s siècles où le christianisme, luttant encore pour s'assurer une existence, combattait à la fois au dedans el au dehors, la littérature semble être exclusivement au service de la communauté^), j'allais dire de la chose publique, laquelle cherchait à se défendre et à s'établir solidement : ce sont les besoins »le l'heure présente qui font naître alors el qui déterminent les créations littéraires; c'est, avec la puissance d'eiithou-

1. Par ce mot, fréquent dans la langue des Pères et souvent employé ici, l'on doit entendre la Société chrétienne {Note des Traducteurs.)

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siasme des grandes idées qui ébranlent le monde, la source nouvelle, fraîche et jaillissante de la vie de l'âme délivrée et

conquise par le christianisme : cette source élève, au-dessus delà petitesse servile dîme littérature égoïste, les ouvrages du jour et leur donne du même coup le cachet de la liberté et une valeur durable. La littérature donc, qui, en ces conjonctures, n'occupe pas une large place, est pointant, dans cette période même, l'expression la plus fidèle de la situation mobile et du développement progressif de la société chrétienne en Occident; si l'on veut avoir une idée exacte d'une image reflétée par un miroir, il faut se faire d'abord une juste idée de l'image elle-même.

Or, pour aucune époque, mieux que pour celle qui nous occupe et qui marque la plus importante transformation de la civilisation, l'on ne saurait connaître et montrer avec plus d'exactitude comment, au milieu même des ravages et des ruines qui indiquent une civilisation en décrépitude, il se prépare toujours une culture nouvelle pour remplacer la culture qui se décompose, si bien que la première naît au travers de ces ruines et que les éléments qui détruisent les anciennes idées vivifient, entretiennent et développent les aspirations nouvelles. A s'en tenir à une étude superficielle (et l'on n'en a pas fait d'autre jusqu'ici), l'on ne voit, il est vrai, dans l'histoire des empereurs romains, surtout à partir de Commode, qu'une image effrayante de destruction morale et matérielle, aussi ennuyeuse que désagréable à décrire. Le monde païen, semblable à un vieillard décrépit, qui végète dans une léthargie écœurante, fait un frappant contraste avec le christianisme plein de jeunesse. Mais on a l'air de ne s'apercevoir de cette sève que lorsqu'elle éclate au grand jour, c'est-àdire, lors des persécutions ; de la sorte, ces siècles qui, en fait, constituent l'une des plus importantes époques de l'histoire de l'humanité, n'ont pas paru assez intéressants pour une pareille étude, et les historiens les ont jusqu'à présent négligés d'une façon presque incroyable. On ne voyait pas, malgré le contraste entre le paganisme et le christianisme (contraste réel sans doute, mais qui n'égalait en somme que celui qui existait entre le passé et le présent), combien la marche

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