En tibi... misi opus de origine quaruindarum rerum
624 saint Isidore [557-8.]
a Saint Isidore pour composer cel ouvrage, et il doit bien, apparemment, en être le premier éditeur (1).
Les trois premiers des vingt livres traitent des sept arts libéraux ; seule la grammaire (y compris la métrique, cela va de soi) a un livre complet : cela explique déjà la brièveté et la sécheresse extraordinaires avec lesquelles sont traitées la plupart de ces matières. Le livre quatrième est consacré à la médecine : après l'énumération des trois écoles diverses, « méthodique », « empirique », et « logique, »l'auteur énumère encore les maladies spéciales et les détermine par une étymologie ; le tout est suivi d'un catalogue des différentes espèces de remèdes. Le livre cinquième a pour sujet les « lois » (notions de droit, crimes et peines) et les « temps; » sous cette dernière rubrique sont compris le jour et la nuit, avec leurs divisions, les mois, les saisons, etc.; et, après avoir parlé de « siècle » et d' « âges, » y compris les âges du monde (c. 38), l'auteur donne un résumé de leur histoire, à titre de Chronique universelle, qu'il poursuit jusqu'à la dix-septième année d'Héraclius : nous y reviendrons plus tard. Dans le livre sixième, nous trouvons un aperçu général sur les livres de la Bible et sur leurs auteurs, puis sur des bibliothèques, sur les différents genres d' « ouvrages » et leurs parties (c'est ainsi que nous y trouvons l'explication de : homélie, apologétique, etc., de prooemimn, argument um, aie), sur tout ce qu'il faut pour écrire, etc. ; sans oublier qu'il y a encore un cycle pascal et un catalogue des fêtes et offices, et tout ce qui s'y rattache (2). Le livre septième fait défiler devant nous la hiérarchie céleste, les trois personnes divines, les anges, les palriarches, les prophètes, les apôtres et toutes les classes du clergé : titres, noms, explications, tel est le sujet de ce livre. Le huitième est consacré à 1' « Eglise et aux sectes ; » parmi ces dernières, l'auteur n'en énumère pas moins de soixante-huit. Viennent alors les écoles philosophiques; puis les sibylles,
1. Braulio a ajouté à l'écrit de saint Isidore, De vir. illustr., un Eulogium de son ami ; il y donne un catalogue des œuvres de saint Isidore, auquel nous nous reportons plusieurs fois.
2. C'est ainsi qu'il donne ici, en peu de mots, la signification de « sacramentum, hostia, » etc.
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les mages, que l'auteur fail précéder des différentes sortes de poètes sons la dénomination générale de vatet ; il traite ensuite des différentes divinités en la société des démons. Les langues ci Les peuples font le sujet du 1 i \ 1 « ■ neuvième. Saint Isidore divise ici la langue latine en quatre branches, d'après le développement de ses périodes : la langue « antique < [prisca . dans les chants saliens ; ■ latine » (latina), dans les Douze Tables;
romaine a [romana), dans la littérature .1 partir de V\ ins, e.1 «mixte» [mixta , telle qu'elle devint, après la vaste diffusion de l'empire, sous l'influence des Barbares qui en firent partie I . Vous devons remarquer encore ici la division des langues en trois classes, d'après l'apparition des gutturales, des palatales et des dentales (c. I, § 8). Après avoir donné une longue lisle des peuples, railleur traite du nom des autorités de l'Etal les plus élevées, de la division de l'armée, de la magistrature, des classes de La population et des degrés de parenté. Nous avons déjà parle (dus haut du contenu du dixième Livre.
Dans le livre onzième, avec lequel plusieurs manuscrits et plusieurs éditions font commencer une deuxième partie de l'ouvrage, L'auteur passe au règne de la nature : il y traite de l'homme d'après les parties de sou corps, les sens et les membres, ainsi que d'après les degrés de l'âge; vient ensuite un appendice sur les monstres, hermaphrodites, géants, etc. Le règne animal l'ait son apparition dans le livre douzième ; nous trouvons là une eiiuineralion d'une foule de noms d'animaux, sans la moindre division scientifique, comme le montre, par exemple, la rubrique des petits animaux [de minutis ammantiàus) où, à côté des souris, nous voyons apparaître les fourmis el les grillons. Parmi les oiseaux, l'auteur parle du phénix et de sa seconde naissance (c. 7, § '22.) Le monde, avec ses parties, c'est-à-dire, le ciel, l'air, les vents, 1rs eaux, etc., forment le sujet du livre treizième, tandis que le quatorzième traite spécialement delà terre. Saint [sidorey passe en revue les différentes contrées de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique : leurs îles,
1. « Mixia, quae post Imperium latius promotum ßimul cum moribuset hominibus in romanam civitatem irrupit, integritatem verbi per soloecismos et barbarismos corrumpens. » L. IX, c. I. ? T.
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leurs caps, leurs montagnes, et il y définit, au moyen d'étymo-
logies, des expressions géographiques telles que fautes, salins, etc. (1). Avec le livre quinzième, l'auteur passe aux habitations des hommes et il donne tout d'abord une nomenclature des villes les plus importantes, dont il explique le nom. Ces1 ensuite le tour des monuments publics, des différentes sortes de maisons etde chambres, des temples, etc. ; l'auteur y parle aussi des champs, de leurs bornes et de leurs mesures, ainsi que des rues. Pierres et métaux, tel est le sujet du livre seizième. On y trouve parfois des observations sur les qualités mystérieuses des pierres, telles que les font remarquer les lapidaires postérieurs, mais toujours d'après Pline (2), tout en y expliquant, d'après Pline lui-même, cette croyance comme une superstition ou une mystification des magiciens. A la suite des métaux viennent encore les poids et les mesures, avec leurs signes. Le livre dix-septième traite de la culture des champs et des jardins, de leurs fruits, ainsi que des arbres (3) et arbustes en général. Le livre dix-huitième est consacré à la guerre et aux jeux. L'auteur y passe d'abord en revue toutes les expressions militaires, drapeaux, musique, armes offensives et défensives. C'est là pour lui l'occasion de faire parade de son érudition et de citer les poètes romains : Virgile, Lucain, Properce, Ovide; à côté de ces auteurs, il cite également la Bible. Après avoir enclavé un chapitre sur les procès, il passe aux spectacles (c. 16) : ce sont la gymnastique, le cirque, le théâtre. Le parallèle qu'il ait de ce dernier et du prosiibulum montre assez le peu d'estime qu'il a pour lui : il parle
1. A la fin du livre, il parle aussi de l'enfer, qu'il place au milieu delà terre. Il y dit de Jérusalem (c. 8, § 21) : « In medio autem Judae civitas Hierosolyma est quasi umbilicus regionis tolius. » Est-ce que regio ne se rapporte ici qu'à la Palestine ?
2. A propos de l'agate (Gagates), il dit, au ch. 4, § 3 : « Incensus serpentes fugat, daemoniacos prodit, virginitatem deprehendit. » A propos du jaspe (c. 7, § 8) : « Volunt autem quidam, jaspidem gemmam et gratiae et tulelae esse gestantibus, quod credere non fidei, sed superstitionis est. » Cf. aussi ibid. § 12 pour l'héliotrope (emprunté littéralement à Pline) et c. 8, § 1 ; c. 11, § 1 ; c. 14, § 25. A propos de la draconite (c. 14, § 7) l'auteur raconte, sans réserves, une fable d'après Pline.
3. Il fait remarquer ici que le chêne de Mambré resta debout jusqu'à Constans; c. 7, § 38.
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enfin de l'amphithéâtre el «lu jeu de dé el de paume. Au li\ re dix-neuvième, saint [sidore traite du vaisseau, de ses parties el de son équipement, ainsi q le tous les matériaux nécessaires à La construction d'une maison. Rien n'y manque, pas même Le costume, ni Les bijoux ; Le chapitre 23 nous fait même connaître quelques costumes nationaux. Le dernier livre est réservé aux mets, boissons, ustensiles de maison el instruments aratoires.
Ce que nous avons <!ii plus naul des ouvrages scientifiques de saiui [sidore en général s'applique entièrement à smi livre drs Etymologies. Il se compose évidemment, pour la plus grande partie, d'extraits d'un grand nombre d'auteurs; il n'a pas t'a il lui-même de première main tou^ ces extraits : il s'esl contenté de les prendre dans d'autres compilations à sa portée. I >r. elles sont empruntées à des ou> rages <l<- la Latinité chrétienne el de La Latinité classique; au deuxième Livre, il a notamment reproduit Gassiodpre : criait son prédécesseur immédiat, dans ce domaine de la Littérature (1). Il y a mis également à profil Les traductions de Boèce, ainsi que Prantl l'a démontré (2). Dans le livre onzième, il a pris pour hase le traité de Lactance : De opificio; d'autre part, Le livre quatrième est tiré en grande partie de Caelius Aurelianus; Les données sur la géographie el sur L'histoire naturelle son! puisées dans Pline el dans Solin (3), abstraction faite du Livre de Suétone. Prata, ouvrage encyclopédique aujourd'hui perdu, mais mis Largement à contribution par L'auteur dans toutes ses parties ; c'esl peut-être à lui qu'il doit et L'idée et La disposition de son ouvrage fc). L'ouvrage de saint [sidore fut donc, pour le moyen âge, une vraie mine où l'on puisa surtout maintes connaissances sur l'antiquité, dans un temps où le souvenir en était éteint, et où L'on ne lisait plus les