Ebert, Op. c.,p
3. Il parut alors contre le christianisme deux écrits ayant pour luit do convertir ses adeptes au paganisme ; l'un d'eux se donnait comme l'œuvre d'un philosophe ; c'est ce que Lactance nous dit tout au long, Inst., V,
86 lactanc.i: [72, 7.'.
Divinaram Inslitulionum libri VII. Apologétique dans son origine, ce Lraité ne devaitpas, comme d'autres, se borner aune défense et ù une négation, mais bien « contenir la substance de loule la doctrine chrétienne (1) ; » l'auteur ne se propose que d'introduire les élèves dans celte doctrine chrétienne, pour les renvoyer alors à la source même (I, c. 1): il emprunte, au droit romain, avec d'autant plus de raison, ce titré (L'Institution, que la morale chrétienne repose sur la vraie justice « qui est la plus grande vertu, et même la source de la vertu » (V, c. 5). Lactance veut conduire les savants à la vraie sagesse et les ignorants à la vraie religion (I, c. 1). Les hommes désirent naturellement les deux choses (III, c. 11) ; or, elles sont inséparablement unies seulement dans le christianisme, taudis que, dans le paganisme, elles sont séparées l'une de l'autre. Voilà pourquoi ni la vraie religion, ni la vraie sagesse ne se trouve chez les païens. On ne saurait adopter une religion sans la sagesse comme on ne saurait non plus taxer de sagesse une sagesse sans religion (2). On voit déjà par là que l'auteur s'adresse principalement aux plus instruits des païens et qu'il s'elTorce de gagner ceux qui se laissaient de prime-abord déterminer à mépriser le christianisme à cause de la langue simple et populaire de la Bible. Il faut, pense Lactance, mettre a^ibord de la coupe le miel de la céleste sagesse, afin que ceux qui ne sont pas sages puissent prendre, sans répugnance, la médecine amère. C'est ce qu'ont négligé la plupart des apologistes. Ces païens lettrés, qui ont déjà depuis longtemps renoncé à leur religion, apprendront enfin que le christianisme est aussi la seule vraie philosophie, et que la philosophie païenne au con-
c. 2, el il ajoute alors, au sujet de ces écrits [ibid., c. 4) : « 11 ergo, de quibus dixi, cum prœsenle me ac dolente — sacrilegas suas litteras explicassent, et illorum superba impietate stimulatus, et veritatis ipslus conscientia, et. ut ego arbitror, Deo, suscepi hoc munus, ut omnibus ingenii mei viribus aecusatores justitise refutarem : non ut contra hos scriberem, qui paucis verbis obteri poterant, sed ut omnes qui ubique idem operis, aut efl'ecerunt, uno semel impetu profligarem. »