DAMASE
La littérature chrétienne s'appropria, grâce d'abord à des circonstances extérieures, un autre genre de la poésie antique : c'est 1 'Epigramme. Employée au début sous sa forme originaire, comme inscription, elle fut cultivée avec un soin tout particulier par un des papes les plus célèbres de ce siècle, par saint Damask (1), qui porta la tiare de 366 à 384. C'est précisément pendant son pontificat qu'il composa ces épigrammes où il ne manque pas de se nommer comme l'auteur et où il indique même fréquemment son titre. Ce sont soit des inscriptions tumulaires (tituli) dédiées, en partie, à despersonnes pieuses nouvellement décédées telles que sa sœur Irène (c. 31), en partie à des saints et à des martyrs morts depuis longtemps ; soit des inscriptions pour des églises et des chapelles, destinées à perpétuer le souvenir de leur érection et celui de leur dotation par le pape lui-même (2). Une partie de ces épigrammes est encore conservée dans la pierre (3), mais la plupart ne sont que des reproductions de celles qui existaient précédemment. Ces poèmes, généralement écrits en hexamètres, et, par exception seulement, en distiques, pèchent fréquemment contre la prosodie et o firent bien peu de vraie poésie ; mais le contenu est d'un intérêt historique général en ce qu'il nous montre comment alors le culte des saints et des martyrs, la foi en la puissance
1. Sanctorum Damasi papœ et Paciani, etc. opéra omnia, (Patrol. de Migne. Tom. XIII). Paris, 1845 (Prolegg. de Merenda).
2. Ainsi, par exemple, carm. 35, sur la réparation de l'église St-Laurent.
3. Comme dans l'église de Ste-Agnès (c. 29), v. A. Mai, Notascriptor. veterum coltectio, vol. V, p. 33. et cf. ibid., p. 32 ; ainsi sur le tombeau de Cornelius et dans la crypte de Saint-Sixte, dans le cimetière de Callixte, v. Rossi, Roma s0tteranea, tom. I, tav. IV et tom. II, tav. I A et II et s.