‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 84 sur 353 · Numeri, c. 31, v. 7 ; De offlc. rnimstr., I, c · texte numérisé non relu

Numeri, c. 31, v. 7 ; De offlc. rnimstr., I, c

■2. De off., I, c 11.

3. Il cite rarement le .Nouveau-Testament, ou la légende ; quant à cette dernière, il donne sainte Agnès et saint Laurent comme modèles de la force (Fortitudo); I, c. il ; il mentionne le dernier encore une fois, II, c. 28.

pour remplacer ceux que Cicéron avait pris de L'histoire grecque et de l'histoire romaine, comme si les juifs étaient les ancêtres des chrétiens (1) : c'était là une tendance funeste, capable de ternir la pureté de la morale chrétienne. Ainsi, il croit que les principes vrais de la morale païenne sont pris de L'Ancien-Testament et surtout des Prophètes (2).

Cicéron consacre les deux premiers chapitres de son second livre à la justification de son étude philosophique ; saint Ambroise, au contraire, traite, dans les cinq premiers, de la béatitude. Mais ce débuta un rapport si peu direct avec ce qui suit, qu'au sixième chapitre il sent le besoin de tout recommencer de nouveau, pour suivre, quoique avec beaucoup plus de liberté que précédemment, l'ouvrage de Cicéron. Celui-ci s'occupe, en effet, dans ce livre, de l'utile, de tout ce qui contribue pour ainsi dire au bonheur extérieur. Comment gagnonsnous à notre cause nos semblables, nos citoyens (car c'est l'homme lui-même qui nuit surtout à l'homme ou lui est utile)? telle est la question principale à laquelle veut répondre ici Cicéron. Il écrit donc ce livre, en se plaçant strictement au point de vue de l'homme d'Etat. La fin dernière est la gloire, f/loria, et celle-ci a son fondementjdans l'amour, la confiance et l'admiration de la foule. Saint-Ambroise recherche ici également ce qui peut bien nous placer dans l'estime de nos semblables {ad commendationem nostri, c. 8) et ce que nous avons à faire pour gagner leur amour (caritas), leur confiance (/ides) et leur admiration (admiratio) ; mais il le fait spécialement pour les ecclésiastiques. Tout en s'inspirant souvent encore de Cicéron, il donne maints conseils tout à fait chrétiens et pleins d'opportunité. Comme lui, il se préoccupe des besoins de son époque, et ce soin donne une fois de plus à son livre un intérêt particulier pour l'histoire de la civilisation ; c'est ainsi qu'en recommandant la générosité (c. 15), il fait un devoir de racheter les prisonniers aux mains des barbares, de soutenir

1. Il leur donne même cette qualification en termes exprès : « patres nostri » III, c. 17, § 99.

2. C'est ce qu'il dit nettement I, c. 21, § 92. Tout ce qu'avait de bon la philosophie païenne devait venir de cette source, ainsi que l'admettaient également les plus anciens auteurs chrétiens.

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