‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 10 sur 263 · AU.LIN · texte numérisé non relu

AU.LIN

pose les questions, tandis que, dans la seconde, c'est la fonction du maître. Celui-là exige qu'on lui donne une définition sur des objets ou des notions qui, en général, se rapportent à l'homme de très près, et celui-ci répond spirituellement par une image et une métaphore : c'est ce qui a lieu, par exemple, pour le corps et ses différents membres, pour la vie, la mort, les éléments, les arts, les saisons, etc. Voici quelques exemples : «Qu'est-ce que la langue? — Un lléau de l'air. — Qu'est-ce que le brouillard? — Lanuit en pleinjour, la fatigue des yeux. » Ou bien : « Qu'est-ce que le jour? — L'excitation au travail. [» Plusieurs de ces réponses, données sous forme de questions, ressembleraient à des énigmes.

Le maître a soin, dans la seconde partie, de poser en effet des énigmes à son élève ; or, celui-ci, initié par les réponses de la première partie à l'essence de l'énigme, et préparé pour ainsi dire à Fart de trouver la solution, répond maintenant lui-même ; mais, en répondant, il emploie à son tour une forme énigmatique (1). Ce dernier trait, complètement original, montre bien jusqu'à quel point les Anglo-Saxons cultivaient l'énigme. En composant ce traité, Alcuin avait bien un modèle dans un écrit de l'antiquité ; il lui a sans doute, en grande partie, emprunté à lui et à d'autres ses matériaux(2) ; mais il n'en est pas moins vrai de dire que l'introduction de ce genre de littérature dans l'école est complètement nationale, parmi les Anglo-Saxons. Aucun peuple n'a jamais eu une prédilection si marquée pour l'énigme (3), et Alcuin la possédait lui-même à un très haut degré.

Enfin, il nous faut rattacher à l'activité pédagogique d' Alcuin, et à celle qu'il déploya spécialement à la cour, les deux traités astronomiques qu'il envoya de Tours à Charles : De

1. Par exemple, n^ 94 : A. « Quis est quem videre non potes nisi clausis oculis? » P. « Qui stertit, tibi ostendit illum. » Il s'agit du Sommeil et cette question est prise au vers 3 de l'énigme Somniis, dans Symphosius (n° 99 dans Riese, Antholog. lat,, 1, p. 207) •'^Sedme nemo videt, nisi qui sualurainaclaudit. »

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