Voy. là-dessus Wilmanns, op. cit
3. Voy. ma dissertation sur la poésie énigmaLiquedes Anglo-Saxons et en particulier sur celle de Tatwine et d'Eusèbe {In den Berichten über die Verhandl. der K. saechs. Ges. d. ^yisficnsch. Bd. XXIX, 1877, p. 20 sq.).
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saltu hume et De bissexto, ainsi (juc deux Icihcs, (uii se vauportent à des questions sur le calendrier.
Parmi les autres travaux scientiliiincs de imln' aulrur, ('(mix qui traitent de la Théologie occupent la jireniii'rc placr, sijit par leur nombre, soit par l'autorité qu'ils eurent à son épo(|ue; mais nous nous en occuperons d'autant moins, dans cette étude, que, sous le l'apport du contenu, ils ne présenteiil lieii d'original. La plupart ne sont que les commentaires sur lu Bible, et le plus étendu comme aussi le plus estimé parmi eux, est le commentaire sur saint Jean, ouvrage qu'Alcuin composa à la prière de Gisèle et de Rotrude. Comme les autres du reste, ce n'est qu'une compilation d'ouvrages antiijues et célèbres, ouvrages que l'auteur a reproduits soit littéralement, soit seulement d'après le sens. C'est ce que fait remarquer Alcuin luimême dans la dédicace où il cite, comme ses principales sources, l'explication de saint Augustin, les œuvres de saint Ambroise et les homélies de saint Grégoire et de Bède. Ce genre d'explication, consistant en un recueil des plus beaux passages des Pères, servit de modèle aux commentateurs de l'avenir qui, connne nous le verrons plus tard, sous l'inlluence des élèves médiats ou immédiats d'Alcuin, arrivèrent à produire des ouvrages remarquables. Il nous faut taire remarcpier encore la prédilection d'Alcuin pour le symbolisme des nombres; c'était là, sans doute, un pendant à son amour pour les sciences mathématiques, et cette propension à voir des symboles partout se fait jour ici d'une manière frappante, comme du reste dans ses autres écrits.
Ces commentaires offrent un certain intérêt historique par rapport aux personnes auxquelles ils sont dédiés. C'est là surtout le cas du commentaire àeVEcclésiaste, qu'Alcuin composa spécialement pour ses élèves Onias, Candide et Frédégise : « Après avoir quitté le nid d'un amour tendre et paternel, pour s'envoler dans les airs libres des affaires du monde, » ils trouveraient dans ce manuel un traité de morale chrétienne qui leur montrerait les dangers de la vanité humaine.
Mais son ouvrag-e théologique le plus important, C(dui qui fit le plus d'impression sur ce siècle, est celui qui a pour tilre De fideTrinitatis, en trois livres, qu'il dédia à l'empereur Char-
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lemagne. L'auteur avait aussi pour but, en le composant, de convaincre ceux qui doutaientMe Tutilité de l'enseignement de la dialectique qu'il avait donné à Charles (1). L'intérêt historique de l'ouvrage consiste, en effet, en ce que ce nouveau système de théologie dogmatique, quelque imparfait qu'il fût et quelque peu d'originalité qu'il offrît, puisqu'il n'avait d'autre base que celle des œuvres de saint Augustin, était pourtant un stimulant aux études spéculatives et faisait ressortir la nécessité de la philosophie, comme préparation à ces études.
Deux écrits d'Alcuin, qui traitent de philosophie morale, ont un intérêt immédiat pour nous : ils ont été composés, dans les premières années du ix° siècle, à la prière de quelques laïques. L'un a pour titre De virtutibus et vitiis; il a été écrit pour Wido, comte de Bretagne : c'est un bréviaire, à l'usage des laïques, avec des considérations spéciales à la fonction du comte. D'après les termes mêmes de la dédicace, ce livre doit être le vade-meciim inséparable de Wido ; il doit l'accompagner, même dans ses expéditions militaires, « afm qu'il puisse s'y considérer, » et que toujours il sache « ce qu'il doit faire et ce qu'il doit éviter », pour parvenir au sommet de la perfection; notons que ce sommet, comme parle Alcuin, est accessible aux laïques eux-mêmes, vu que, devant Dieu, il n'y a nulle différence entre le laïque et le clerc, et que chacun sera récompensé seulement selon ses œuvres. Ce livre est un manuel, et l'auteur lui en a donné à dessein les dimensions, pour en faciliter l'étude : il a consacré un chapitre spécial à chaque vertu et à chaque vice. Malgré cela, c'est en vain qu'on y chercherait un ordre parfait; il est sûr que ce livre nous est parvenu dans un mauvais état de conservation. Pour le traitement des vertus, plusieurs passages nous ramènent aux Institutions de Lactance, et, dans celui des vices, l'auteur se rattache parfois à Prudence, quoique en général, Alcuin suive ici Cassien et Aldhelme (2). Ce qui est absolument spécial à l'auteur, c'est
1. V. la dédicace, Monum. Alcuin. p. 673 : a Ut convincerem eos, qui minus utile aeslimabant, vestram nobilissimam intentioiieni dialecticae discere velle rationes, quas beatus Augustinus in libris de sancta Trinitate adprime necessarias esse putavit. »