‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 100 sur 263 · Dumque sacros versus depromcret ore beato · texte numérisé non relu

Dumque sacros versus depromcret ore beato

Silvestres venerc grèges, animalia jussu Acta Dei, fixoque genu palienler adorant. Quo récitante tacent et acutis auribus adslaiit, etc., c. i.

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effet, un filon vraiment poétique, mais elle est trop peu travaillée ; le récit est trop prolixe et le côté pathétique est parfois gâté par l'enflure du style. On y trouve toutefois plusieurs passag-es charmants et l'ensemble, avec ses vers faciles et coulants, est une production respectable pour cette époque (1). Les deux grands poèmes profanes, par contre, offrent un intérêt spécial. Le premier en date est ce poème même par lequel Walahfrid rendit foi et hommag'e pour la première fois à son souverain à Aix-la-Chapelle, en 829, et dans lequel il nous fait le récit de sa première entrevue avec l'empereur et sa cour; il a pour titre : Versus de hnagine Tetrici{2), et comprend deux cent soixante-huit hexamètres, suivis d'un épilogue en trois distiques. Cet opuscule, intéressant au point de vue de l'histoire de la littérature comme à celui de l'histoire proprement dite, a aussi une forme originale. Il débute, en effet, par un dialogue entre Strabus et sa Scintilla^ c'est-à-dire son génie poétique, et ce dialogue a lieu tandis que le poète se trouve en face de la statue équestre du grand Théodoric, placée devant le palais impérial d'Aix-la-Chapelle, après que Charlemagne l'eût emportée de Ravenne, en 801. Strabus demande à Scintilla pourquoi, dans cette saison de printemps, dont il fait une courte description, elle ne daigne pas répondre à ses désirs. Scintilla réplique qu'il doit bien savoir que les anciens poètes recherchaient la solitude pour chanter; et que ce lieu, assiégé par une foule sordide, rempli des cris de mendiants et de plaideurs, est peu favorable à la poésie. Il doit donc l'excuser, si elle ne parle que peu, toute disposée

1. L'auteur ne dédaigne pas toutefois entièrement l'effet de la forme, non plus que par-ci par-là l'allitération, même poussée jusqu'à l'exagération, par exemple, c. 9 :

Flectere, frange fidem, facilis fuga, forte furoris... et un peu avant :

Nec poteris pœnas penitus perferre paratas.

2. Voy. plus haut, p. 164, rem. 2, le titre complet. Voy. sur ce poème notamment Bock , Die Reiterstatue des Ostgothenkcenigs Theodorlc vor dem Fahlste Karls d. Gr. zu Aachen, in Jahrbücher des Vereins von Alterthumsfreunden im Rheinlande. Cahier L, Bonn, 1871 , et cf. le travail antérieur de Bock (v. p. IG4 rem. 2.) et H. Grimm. Das Reiterstandbild des Theodor ich zu Aachen und das Gedicht des Walahfrid darauf. Berlin, 1869.

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qu'elle soit pourtant à accéder à ses vœux. Le poète s'enquierl donc du nuui de la statue qu'il a devant lui, et Scintilla Ir lui explique avec la statue elle-même dans toutes ses particularités. Tetricus (DieUich) est ici considéré au point de vue de la tradition romano-cléricale et roman()-nali(mal('(l ), en ce que Boëce surtout influa sur le jui^ement d«- \Valahfrid(2); c'est donc le plus ignoble des tyrans qui aicul été jetés en pâture à l'enfer, et en même temps un type de l'Avarice et de l'Orgueil. Telle est l'idée qui domine, dans l'cxplicalion des particularités de ce chef-d'œuvre. Ce dialogue sur la statue du tyran n'a d'autre but que de mettre en relief la narration qui suit et qui contient le panégyrique de l'empereui- Louis, monarque qui est le contraste le mieux réussi dv Dietrich (li). C'est grâce à Louis, dit Scintilla, en apostrophant le monaniuc, qu'est revenu l'âge d'or ; c'est sa piété qui supplée à ce (jui pourrait encore laisser à désirer. Que d'autres aient leurs trésors comme ornement, Louis se pare de ses mérites; il plaît par sa bonté, tandis que d'autres font parade de la tyrannie. On ne peut le mettre en parallèle qu'avec Moïse, vu que lui aussi arrache les peuples aux ténèbres et fait participer tout le monde aux dons que Jésus-Christ lui a distribués. Le poète veut parler ici de la propagation du christianisme ; il a peut-être en vue, d'une manière spéciale, le baptême de Harald (826) et les missions du Nord. Louis surpasse Moïse lui-même, car : « celui-ci n'avait que l'ombre, et tu as le corps. » Là-dessus, le poète compare le tabernacle avec le temple du château impérial et ses statues d'or ; celui-là fut élevé dans un désert, celui-ci au milieu de la contrée la plus souriante, dans le voisinage du parc, où les animaux sauvages jouent avec les animaux domestiques (4) et où les oiseaux chantent et gazouillent au sommet des chênes aériens.

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