Les paroles de Strabus forment la transition, v. 89 sq
Dignum est, ut video, praemissis tristibus érgo Débita principibus laudum persolvere vota.
4. Ce n'est point là assurément de rimaginatiun, comme le fait justement
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Mais voilà que, de Tautre côté, se fail entendre le son agréable de Forgue, et les lambris du parvis qui conduit du château à l'église vibrent sous les pas de cette troupe brillante qui suit le grand Moïse. Le poète voit Louis, deux fils à côté de lui, et, à la droite du monarque, le plus ferme espoir de l'Empire, un Josué auquel rien ne manque en fait de mœurs, de vertu et d'honneur : c'est Lothaire. A gauche, on voit Jonathas, le pacifique, le brave, le victorieux, l'homme digne du nom de son père : c'est Louis le Germanique ; si ses possessions sont moins étendues, la concorde lui oft're une compensation (1). Pépin est absent etle poète ne lui consacre qu'un souvenir ; mais il s'étend d'autant plus longuement sur la (( belle Rachel » qui conduit Benjamin : c'est ainsi qu'il appelle l'impératrice Judith, du nom de la seconde épouse de Jacob. Malgré sa tendre jeunesse, Charles montre déjà un esprit mùr : dans ses actions, dans son caractère, dans sa vertu comme dans ses triomphes, il doit imiter celui dont il porte le nom. Il compare ensuite l'impératrice non seulement avec la Judith de la Bible, mais encore avec Marie jouant des cymbales, car elle touche de l'orgue admirablement. Ce que le sexe lui a refusé, elle le compense par la culture de son esprit qui excite l'admiration du poète. Son intelligence, sa bonté, son enjouement, son discours plein d'esprit, voilà ce que loue en elle le poète, en faisant pour son bonheur des vœux mêlés d'enthousiasme (2).
Mais voici Aaron à la tète des grands et revêtu du magnifique ornement de souverain prêtre ; il s'agit ici d' Aaron,
remarquer Bock, Op. c. L, p. 38, et nous savons que Charlemagne reçut maints cadeaux des animaux féroces.
1. « Nec doleas, quod gaza negat, concordia praestat » (v. i73). Il fait allusion par là à l'unité nationale de l'Allemagne.
2. Quidquid enim tibimet sexus subtraxit egestas, Reddidit ingénus culta atque exercila vita,
In qua multa simul nobis miranda videmus : Semine stat locuples, apparet dogmate dives, Est ratione potens, est cum pietate pudica, Dulcis amore, valens animo, sermone faceta. Laeta cubans, sit laeta sedens, sit laeta resurgens Laeteturque poli felix in sede locata. v. 204 sq.
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qui ne coule pas de statue des faux dieux, cp qui si^uiti«- qu'il est exempt d'avarice : à lui aussi, c'est-à-diiT à llilduin^ qu'il personnifie, le poète ollVe des vœux de bonheui-. Il n'rst pas moindre, l(i respect (|u'il témoigne pour celui (jui suit : c'est Beseleel (Eginhard) qui montre, dans sa petite taillr, conimeut Dieu choisit le faible et méprise le fort. Enfin \\'alalifri(l consacre un souvenir à son maître, Grimald, (pii saciilie aux muses en secret; c'est par lui qu'il veut finir, car s'il devait célébrer dignement tous les grands, il ne le pourrait pas, même quand il aurait cent langues à son service.
Mais, tandis que le poète est plongé dans cette contemplation et dnns ces méditations, voilà que tout à coup on lui demande d'où il vient et qui l'envoie : c'est apparemmctjt l'empereur (1) qui fait cette question. Le poète donne en tremblant une réponse détaillée : il a d'abord désiré jouii* une fuis de ce spectacle; mais un amour inaltérable le presse de louer; puisse la grâce divine donner au roi et à ses successeurs de conserver les trophées et la gloire de leurs ancêtres et les faire entrer un jour dans le céleste sénat. De même que le gibier redoute l'arc de Louis, ainsi les peuples sauvages, Bulgares, Sarrasins, Bretons, Danois, etc., doivent se soumettre à sa domination. Heureux l'Etat, où les rois sont sages et où les sages régnent. En terminant, le poète prend congé de ce fou de Dietrich qui lui a inspiré ce chant ; rien d'étonnant par conséquent, si son poème est défectueux.
Cette poésie^ dont le cadre entièrement original témoigne du talent créateur de Walahfrid, offre de plus un côté remarquable au point de vue de l'histoire littéraire ; c'est qu'en elle se continue la poésie de cour du siècle de Charlemagne ; elle nous rappelle la poésie pastorale d'un Naso, comme le poèm<' épique attribué à Angilbert ; elle nous laisse en même temps reconnaître facilement que c'est un nouveau Mécène qui l'inspire ; aux lieu et place de l'empereur, c'est maintenaul Judith, cette femme douée de si nobles qualités et bien supérieure à son mari sur lequel elle exerce un empire souverain, qui est la protectrice de la poésio et dj la science.