‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 102 sur 263 · Voy. iiui dissertation, p. 105. i · texte numérisé non relu

Voy. iiui dissertation, p. 105. i

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Le dernier des grands poèmes de Walahfrid, poème descriptif, lui aussi, mais didactique en même temps , est le plus connu de tous ceux qu'il a composés; il ne jcmit pas seulement de la faveur du moyen âge (1), mais même de celle des Humanistes, et, au xvi^ siècle, il eut huit fois les honneurs de l'impression , à partir de lolO. Ce poème, c'est le Petit jardin, Hortulus. Cet opuscule comprend cent quarante-quatre hexamètres, et Walahfrid, alors abbé, y fait la description du petit jardin du monastère; il destine cette description tout d'abord à son ancien maître Grimald, abbé lui-même à cette époque de Saint-Gall, car c'est à lui, en effet, qu'est dédié le poème. Ces vers sont l'expression vivante d'une âme exempte de tout souci, aussi voyons-nous le poète débuter par cette phrase, à savoir que, parmi les signes caractéristiques d'une vie paisible, le moindre n'est pas de cultiver son jardin. Or, partout, quel que soit le terrain, il y a moyen de faire un jardin, si l'on s'y prend bien, si l'on ne craint pas le travail et qu'on n'épargne pas l'engrais. C'est ce que le poète a appris, non seulement dans de vieux livres ou par ouï-dire, mais par sa propre expérience. Il nous dit donc, dans le chapitre premier, comment^ après avoir fait disparaître les orties et les taupinières dans sa petite cour, il la défricha, l'entoura de palissades et la cultiva. Dans les chapitres suivants, il veut nous faire connaître la récolte qui fut le fruit de ce labeur, et, dans chacun d'eux, il fait passer sous nos yeux toutes les plantes elles fleurs qu'il éleva dans ce jardinet. Plantes et fleurs sont au nombre de vingt-trois , et chacune d'elles a un chapitre spécial; les voici: sauge, rue, abrotone, cornichon, melon, absinthe, marrube, fenouil, iris, livèche, cerfeuil, lis,' pavot, sclarea, menthe, chasse-puce, ache, bétoine, aigremoine, eupatoire, éphèdre, menthe de chat, radis et rose. La description qu'en fait le poète est plus ou moins détaillée^ mais elle est souvent vraiment poétique (2) ; il vante les propriétés mé-

1. On en fit aussi des imitations, et même sur une grande échelle ; déjà, au x^ siècle, un auteur qui se donne le nom de Macer Floridus le mit à profit dans son poème De viribus herbai^m.

2. Comme exemple, je choisis un chapitre très court qui peut se citer en entier : c. III Ruta (v. 83 sq.) :

Hoc nemus umbriferum pingit viridissima Rutae

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dicalcs de ces plantes cl il enseigne même la manière exacte de les employer comme médicament (1). Ce jardinet était donc en première ligne un jardin pharmaceutique dont profitait la pharmacie du monastère.

Ce poème a un caractère entièrement profane; de même que le poète ne se fait pas scrupule d'employer la mythologie antique comme moyen esthétique, ainsi, il n'hésite pas, non seulement à se servir des noms de Priape, Bacchis, Erato, comme expressions allégoriques, mais même h rappeler des fables antiques, comme, par exemple, celle d'Hyacinthe, de Latone, d'après les Métamorphoses d'Ovide (2). Seul, le dernier chapitre, consacré à la Rose, a un cachet religieux en ce que Fauteur compare au lis cette « fleur des fleurs » : tous deux symbolisent les plus hautes palmes de l'Église : l'une, le sang des martyrs; l'autre, la radieuse pureté de la foi. A cette explication symbolique se rattache ensuite une apostrophe à la sainte Vierge. Comme conclusion, vient la dédicace qui a, elle aussi , une forme pleine d'attraits : Grimald doit lire ce petit livre assis à l'ombre d'un pêcher, alors que ses élèves, prenant leurs joyeux ébats, cueillent les fruits veloutés dont la grosseur est telle qu'ils peuvent à peine les saisir d'une seule main.

Malgré quelques réminiscences des Géologiques de Virgile, et de Columelle, ce poème de Walahfrid est, à tout prendre, entièrement original, et le poète a su, dans des vers coulants, donner une expression gracieuse aux études judicieuses qu'il avait faites de la Nature.

Outre ces poèmes de longue haleine, Walahfrid nous en a laissé un certain nombre d'autres de moins d'étendue. La plu-

Silvula caeruleae, foliis quae p'-aedita parvis, Umbellas jaculata brèves, spiramina venti Et radios Phoebi caules transmittit ad iraos, Attactuque graves leni dispergit odores ; Haec cum multiplici vigeat virtute medelae, Dicitur occultis adprime obstare venenis, Toxicaque invasis incommoda pellere fibris.

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