V. volume 1, p. 372 et
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la considéraliou particulière qu'il y fait de la fonction déjuge, car c'est précisément Charlemagne qui avait fait passer la juridiction aux mains des comtes. (Vest ainsi donc qu'Alcuin exige surtout du juge la justice, la compassion et l'incorruptibilité; il parle également des devoirs spéciaux aux témoins.
L'autre écrit, moins considérable, est intitulé De raiiono animae; Alcuin y montre un sens tout aussi pratique et tout autant d'habileté en mettant à profit les études qu'il avait faites. Il a été composé, sous forme de lettre, à la prière de Gondrade : les colloques que cette femme avait eus avec Alcuin l'année précédente, furent l'occasion de cet opuscule (1). Le choix de la forme convient ici, de tout point, et l'auteur montre également, dans le fond, qu'il s'entend à intéresser les femmes aux méditations philosophiques. Le côté moral domine le récit, dont la base n'est autre que le rapport de l'âme à Dieu. Dans l'exposition qu'il fait de ce rapport entre Dieu et l'âme, il traite de l'essence de cette dernière. A ces considérations, Alcuin rattache deux poèmes. Le premier, en distiques, célèbre les louanges de l'âme de l'homme et récapitule, par là, l'idée de tout le traité; dans le deuxième, en vers adoniques, réunis en strophes de six lignes, le poète exhorte Gondrade à louer Dieu. La signification du nombre six, qui est parfait dans toutes ses parties, ajoute Alcuin, c'est le roi lui-même qui la lui expliquera, lui qui, au milieu des soucis du palais et des affaires du gouvernement, s'efforce d'approfondir les secrets des philosophes avec plus de soin que ne fait tout autre qui n'a rien à voir dans les occupations du monde. Pour ne reproduire que des idées traditionnelles, cet écrit mérite néanmoins d'être loué pour sa disposition proportionnée au but à atteindre et pour le style plein de clarté; il montre bien, une fois de plus, à quel point Alcuin était l'homme qu'il fallait pour répandre la culture scientifique.
En fait d'écrits historiques on prose, Alcuin n'a composé que deux Yies de Saints^ et encore ne sont-ce laque des retouches, sous le rapport du style, de deux ouvrages antérieurs : l'un est la vie de saint Richaire; l'autre, celle de saint Yédaste.