Hic populi porro veteri cognomine Déni
Ante vocabantur et vocitantur adhuc ; Nort — quoque francisco dicuntur nomine — manni.
Veloces, agiles, armigerique nimis.
Ipse quidem populus late pernotus habetur,
Lintre dapes quaerit, in coli talque mare; Pulcheradest facie, vultuque statuque decorus,
Unde genus Francis adtbre fama refert. v. 11 tsq.
poète fait nieutioii de l'orgue hydraiili(jue, constniil expressément pour Louis, en 82H, par un prêtre de Venise : ce chefd'œuvre avait seul fait envier à Louis le sort de l'empereur byzantin. Là-dessus, Ermold vient à parler de lui-même et de son bannissement (v. 649); il fait un récit relatif à la cathédrale de Strasbourg et aux merveilles dont y fut témoin nu saint prêtre, à l'époque de saint Boniface. En terminant (v. 7 H sq.), il reconnaît encore son crime, comme en d'autres passages du poème, et il supplie l'empereur et sa belle épouse de lui faire grâce.
Ces vers ont une grande valeur historique et littéraire ; ils ne manquent pas non plus, en maints passages, de charme esthétique. Ces deux qualités se réunissent surtout dans \v premier livre. C'est là que nous trouvons, pour la première fois, en Occident et au siècle de Charlemagne, la lutte contre les Sarrasins prise comme sujet d'un poème épique, c'est-àdire le sujet du cycle légendaire le plus populaire des littératures nationales fourni même par la tradition orale : le poète lui-même (1) en fait la remarque; il se posait^ quoique sans raison, comme un ignorant ; mais il rentrait, par le fait, dans le nombre des natures populaires. Nous voyons apparaître en même temps, comme héros principal, Guillaume, comte ou duc (2) de Toulouse, lequel, sous le nom de Guillaume d'Orange ou Guillaume au court nez, forme le point central d'un des trois cycles de la légende carlovingienne, légende développée d'abord par la poésie nationale du nord de la France. C'est lui qui, dans notre poème, pousse Louis, au milieu d'une diète impériale, à entreprendre la guerre contre les Sarrasins. Il connaît ce peuple, dit-il, et ce peuple le connaît (3) ; assu-