Voy. p
2. Par exemple, ouire les ouvrages d'Alcuin, de Prisciau et de DonaL • les auteurs tels que Consentius, Sextus Pompeius, Servius Honoratus, Bède.
■3. «Linquamus,pater, jamlinquamus Maronem cuui Sinonte suo mendacisshnuni et in Stige, pessima palude, cum Apolline et Musis suis sepultum » etc. Ensuite Fauteur cause du monde infernal, des Parques, des Furies et termine ainsi sa diatribe : « Caelestis rex raaledicattaliafigmenta. Et quid liaec eadem nominare valeo ? Nisi supra compositorum equorum, qui redam tuam trahunt, slcrcom decidentia.. . Et quia, prout nosti, sicut stercus parât agruni ad proferendum satius frumentum, ita dicia paganorum poetarum, licet foeda sint, quia non sunt vera, multum tarnen adjuvant ad percipiendum divinum eloquium. » (P. 31.) Au reste, il sait que Virgdea imité Théocrite dans ses tylogucs, Hésiode dans ses Gmylqiies et Homère dans YEiickk. Ibid.
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rents pour cette tâche. C'est en appendice et dans cent quatorze hexamètres, très rudes çà et là, qu'Ermenric nous donne le commencement de cet ouvrage : il le fait précéder d'un prologue en prose sur l'ancienne patrie du Saint, patrie dont il expose les avantages d'une manière allégorique. Il y chante la nouvelle patrie du compagnon de saint Columban, en faisant la description du cours de ses deux principaux fleuves, le Danube et le Rhin. Il y a ajouté également d'autres poèmes, soit à la louange de Grimald, soit à celle de la sainte Trinité (l'acrostiche y joue son rôle par intervalles), et, afin de nous donner un exemple de son savoir dogmatique, il ne manque pas de profiter de l'occasion pour placer un petit traité sur le mystère d'un Dieu en trois personnes.
Cet étrange spécimen d'érudition ne nous donne pas seulement un portrait en raccourci des études contemporaines, dans les monastères de l'Allemagne, études où se croisent les éléments de culture les plus divers ; il offre encore un aspect tout particulier, qui se trouve déjà dans le premier écrit d'Ermenric, je veux parler d'une certaine connaissance du grec, si restreinte et si superficielle soit-elle. Or, cette connaissance s'accuse non seulement dans des mots isolés qui, comme de faux diamants, sont enclavés dans la diction suffisamment brillante sans cela, mais encore dans des vers grecs tout entiers, qui furent apparemment empruntés (1). En général, l'auteur ne rougit pas de s'approprier le bien d'autrui, en prose comme en poésie; dans le petit nombre de poèmes qu'il a composés, en effet, [il a pillé non seulement Ausone et Priscien (sa Periegesis), mais encore Théodulphe et le Carlo vingien Nason.Uon voit, encore une fois, en Ermenric, combien dififérent entre elles la pure érudition et la véritable culture. C'est à son érudition toutefois qu'Ermenric semble être redevable de son élévation sur le siège épiscopal de Passau, en 865; neuf ans plus tard, il mourut évéque de cette ville,
1. Par exemple, des hexamètres grecs dans le premier poème (p. 36, v. 31, 33, 35) ; ces vers, joints à un pentamètre latin, forment des distiques; au livre troisième (p. 41, v. 20 sq.), pentamètre et hexamètre; bien plus, dans le deuxième pentamètre, des mots latins sont mêlés aux termes grecs :