CHAPITRE SIXIÈME LORRAINE : WANDALBERT, SÉDULIUS SCOTUS
Vers cette même époque, c'est-à-dire vers le milieu du IX® siècle, la culture esthétique et savante et la poésie; ;i laquelle elle donna naissance trouvent même en Lorraine leurs représentants. C'est d'abord un Allemand qui a, dans une partie de ses poèmes, un certain trait de parenté avec Walahfrid, sous le rapport du sentiment pour les charmes de la nature : j'ai nommé Wandalbert(I), moine du monastère de Prüm, né en 813. L'abbé du monastère (829-853), Marcward, parent de Lupus, avait fait ses études au monastère de Ferrières, qui appartenait autrefois à Alcuin et qui avait dû devenir par là un asile de la science, vu surtout qu'Alcuin y avait fait de fréquents séjours. Marcward avait été aussi pendant quelque temps le gardien et le précepteur de Charles le Chauve, lorsque celui-ci, après la victoire de Lothaire sur Louis le Débonnaire, avait été relégué (833) au monastère de Prüm (2). De même donc que cet abbé, lequel jouissait d'une grande réputation dans la politique elle-même, développait les études scientifiques dans son monastère; ainsi, ne pouvaitil manquer de favoriser le mouvement littéraire.
Nous ne possédons de Wandalbert qu'un seul ouvrage poétique ; mais il est considérable : composé de différents
« Orgia da nobis panta Kalon domine. » — Quant au mélange de termes grecs dans le texte latin, on le voit également dans le Codex de bt-Riquier, indiqué plus loin. Voy. Dümmler, lY. A., p., 521.
1 V^andalherti opéra dans Migne, Patrologia lat., t. ÜXXI, Fans, löo^ ; -- Wandalherti Martyrologhm, dans D'Achery, SpicUegium sive collechovetemm aliquot scriptor. qui, in Galliae bibliothecis c«e/i<i/emn^ Nova ed par de la Barre, Paris, 1723, fol., t. II, p. 38 sq.; VUaS >om dans MabiUon, Acta S. S. ord. S. Bened. Saec. t. II, p. 298; ^Histoire littérane delà France, t. V, p. 377 sq.; -Diimmlcr, iV. A., p. oOd sq.